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mardi 31 janvier 2012

De Rio à Oléron... Vidéo

2012 c'est (entre autres) 20 ans après "Rio", le sommet de la Terre qui avait popularisé la notion de développement durable et les Agendas 21. Ces Agendas se mettent en place petit à petit.

Celui de l'Ile d'Oléron est prêt depuis 2011. Il est même entré dans une phase de suivi et d'amélioration permanente, ouverte à la contribution de chacun. L'association "DéPart" (Démarches Participatives) accompagne cet Agenda 21 en coopération avec IODDE / CPIE Marennes-Oléron. Seul Agenda de Poitou-Charentes en phase de labellisation par le Ministère actuellement, le projet oléronais a fait l'objet d'un tournage et d'interviews par le journaliste Benoît Théau (Igapura). Vous pouvez voir ce document ici :

http://www.positive-rio.tv/video/19

dimanche 15 janvier 2012

Les vélelles

Nous avons été sollicités à plusieurs reprises pour déterminer une espèce marine aux allures quelque peu étranges, qui s'est échouée en masse cet automne à l'ouest d'Oléron. Nombreux sont les promeneurs qui ont été intrigués par ces "bestioles" bleues, sans queue ni tête...

Il s'agit en fait de vélelles (nom scientifique : velella velella : facile, pour une fois !). Ce sont des organismes marins, pélagiques, c'est à dire qu'ils flottent au gré des courants. Ils sont rattachés au groupe des cnidaires, comme les méduses, les anémones de mer ou encore les coraux.

Chaque unité est en fait constituée d'une colonie de centaines de polypes, qui sont organisés et remplissent diverses fonctions. Elle possède un disque cartilagineux qui contient des poches d'air. Ce flotteur est surmonté d'une voile, qui reste normalement hors de l'eau, et qui augmente ses possibilités de déplacements en combinant le vent et les courants. La petite voile est d'ailleurs orientée de biais par rapport à l'axe principal de la colonie, ce qui est peu banal.
Sous l'eau, un polype est chargé de la nutrition (un gastrozoïde, situé au centre, capture le zooplancton). D'autres sont là en périphérie pour défendre l'organisme par la production de substances faiblement urticantes (ce sont les dactylozoïdes), sans danger pour l'homme. D'autres enfin gèrent la reproduction : ce sont bien sûr les gonozoïdes ! Sur les animaux échoués, on ne distingue pas tous ces éléments. Pour briller en société lors de vos soupers mondains, rappelons également que les organismes qui vivent comme les vélelles, à la surface des océans, constituent le pleuston.

La bête mesure jusqu'à 6 centimètres de diamètre. Sa couleur bleue est due à des protéines pigmentées. Après quelques jours, elle sèche et devient translucide.

Les vélelles ont aussi un nom local, mieux connu dans les Landes et au Pays basque : les "barques de la Saint-Jean". Sur la côte d'Azur on les nomme "méduses voilettes". Du fait de leur mode de dispersion, on les trouve un peu partout dans le monde, essentiellement dans les eaux chaudes.

Dans les proches familles, on connaît mieux la Physalie (appelée aussi galère portugaise), cette fois une vraie méduse, et qui est très urticante. Cette espèce possède également un flotteur (beaucoup plus grand, et sans "voile"), est aussi composée d'une multitude de polypes différenciés, et est de couleur bleue. L'image ci-dessous montre une physalie échouée sur une plage des Canaries, en décembre dernier.

Pour voir de magnifiques images de détails sur les vélelles, nous vous conseillons l'excellente vidéo (ainsi que les photos) des "chroniques du plancton" (CNRS) : http://www.planktonchronicles.org/fr/episode/16.

Et bien sûr l'incontournable site Doris (Fédération nationale de plongée sous-marine), pour fouiller et découvrir des présentations de très nombreuses espèces marines : http://doris.ffessm.fr/accueil.asp .

jeudi 1 décembre 2011

Les agendas 21 et la gouvernance...

Nous voilà vingt ans après "RIO". Le sommet de la Terre, dont certains peuvent encore se rappeler qu'on en sortait un peu déçus à chaud, aura finalement eu des retombées importantes, en particulier dans deux domaines : la promotion des Agendas 21 comme outils de réflexion et de planification du développement durable, et le développement de nouvelles formes de gouvernance pour associer la population, les acteurs, aux diagnostics, aux décisions et aux actions.

Vingt ans après donc, dans la région Poitou-Charentes, il y a un certain nombre d'Agendas 21 qui sont déjà rédigés, en cours, ou en préparation. Dans la plupart des cas, la question de la gouvernance est posée. Le principe est souvent partagé, mais concrètement comment faire ? Comment associer les citoyens à ces programmes parfois assez difficiles à appréhender ? Comment être sûr d'avoir sollicité tout le monde ? Comment les citoyens qui s’investissent peuvent-ils être convaincus que leur parole sera bien prise en compte ? Qu'attend-on d'eux exactement : du monde dans les réunions pour la photo, des avis techniques pointus, du bon sens collectif, une implication sur le long terme... Un peu de tout ? Et surtout comment cela peut-il se traduire concrètement ?

IODDE / CPIE Marennes-Oléron est partenaire de longue date de l'association "DéPart" (Recherche - action Démarches Participatives), spécialisée dans ce domaine où beaucoup reste à inventer. Nous avons coopéré pour l'animation de l'Agenda 21 de la Communauté de communes de l'Ile d'Oléron (seul Agenda 21 en cours de validation par le Ministère dans la région), ou encore pour la Communauté d'Agglomération de La Rochelle.

Le 6 décembre prochain à Niort, l’association DéPart organise une matinée de rencontre, avec tous les acteurs impliqués dans les Agendas 21 de la région : services de l'Etat, collectivités, consultants... L'objectif est d'échanger entre praticiens, de faire le point sur les avancées et les difficultés rencontrées, et finalement de produire un petit guide qui pourra aider les prochains porteurs de projets d'Agendas 21. Cette production sera présentée pour "Rio 2012", le sommet - anniversaire. 

mardi 27 septembre 2011

Oléron durable : les suites

Les personnes intéressées par le développement durable de l'Ile d'Oléron auront tout avantage à participer aux différentes manifestations prévues les 7, 8 et 9 octobre prochains.
De nombreux habitants, usagers, acteurs de l'Ile ont contribué ces derniers mois à l'élaboration de l'Agenda 21 local, qui prévoit un ensemble d'actions. Il prévoit aussi que ce programme sera évalué régulièrement, et ce, toujours par voie participative. C'est dans cet esprit que la Communauté de communes propose de mettre en évidence l'une de ses grandes actions en cours, autour de l'agriculture durable.

Promouvoir le développement d'une production de qualité sur un territoire touristique, aux enjeux fonciers très prégnants, est toujours une gageure. Mais dans la concertation avec les différentes parties prenantes, et en s'appuyant sur les bonnes volontés, les solutions apparaissent petit à petit. 

En cliquetant sur l'annexe ci-dessous, vous pourrez découvrir le programme de ce weekend de début octobre, qui propose des réunions de travail et d'échanges, des visites, des films et des débats, et des repas de producteurs : toute une mise en place pour approfondir collectivement l'idée d'un développement agricole durable sur Oléron.

Le vendredi 7 octobre, à 18h30 (au cinéma l'Eldorado à Saint-Pierre), une réunion participative est prévue pour faire le point sur l'avancement de l'Agenda 21.Ce temps fort permettra à chacun de se rendre compte de l'avancement des actions (pour mémoire, en annexe également), et des pistes d'amélioration !

lundi 19 septembre 2011

Pour un Parc Naturel Marin efficace

Depuis environ deux ans, notre association suit de près le projet de Parc Naturel Marin sur les pertuis charentais et l'estuaire de la Gironde. Nous avons participé à la plupart des réunions et des débats qui ont jalonné ce programme. Nous avons aussi coopéré avec la Mission d'étude pour réaliser le diagnostic de l'activité de la pêche à pied récréative sur les 327 km² d'estrans que compte le périmètre. Enfin, très concernés par ce projet, nous avons proposé notre candidature au Conseil de gestion du Parc, candidature que nous présentons en collectif avec le CPIE Médoc, le CPIE de l’estuaire charentais, l'ECOLE de la mer, le Groupe associatif Estuaire (Vendée), l'association Nature en Pays d'Arvert, et la Fondation pour la Nature & l'Homme.

L'enquête publique se déroule dans toutes les communes du périmètre, jusqu'au 22 septembre. Chacun est invité à consulter l'ensemble des documents explicatifs et à donner son avis en remplissant le cahier ou en écrivant au Commissaire-enquêteur.

Réunis en commission le 7 septembre, les administrateurs, bénévoles et salariés intéressés ont planché sur un avis à émettre au nom de l'association. Cet avis est globalement favorable. A une période où l'on entend surtout les "contre", il nous semblait important de rappeler certains aspects positifs que le Parc Naturel Marin pourrait apporter.

L'objectif d'un tel outil est d'inscrire les multiples activités qui utilisent le milieu marin dans une perspective de développement durable. En premier lieu nous y entendons la préservation (et la restauration si nécessaire) d'un environnement de bonne qualité : c'est la base de toutes les activités, qu'elles soient primaires (production de coquillages, pêche...) ou liées aux loisirs et au tourisme. C'est aussi la qualité de vie que nous souhaitons avoir en tant qu'habitants du littoral.

Comme notre modeste expérience le montre, la concertation des acteurs est aussi une clé très importante. Si l'on arrive à mobiliser toutes ces compétences au service de l'amélioration continue, de la recherche de solutions de développement durable, nous aurons fait un très grand pas. C'est l'ambition du Parc, et notamment de son Conseil de gestion qui rassemble les représentants de l'Etat, des associations, des pêcheurs professionnels ou récréatifs, des industries, des experts, des élus territoriaux... Ce Conseil aura la responsabilité de la gestion du Parc Marin, et prendra des décisions cruciales. Il est important d'y être et actuellement la lutte fait rage entre les différentes professions qui veulent des sièges. Mais une fois installé, nous espérons que les échanges permettront une approche constructive.

Les zones littorales subissent des pressions de plus en plus fortes : plus d'habitants, plus de visiteurs, pour une ressource qui ne donne que les intérêts qu'elle peut générer. Il appartient donc à tous les acteurs de rechercher des solutions nouvelles et adaptées, si l'on veut que les générations futures puissent bénéficier de conditions de développement convenables. En la matière, la recherche, l'acquisition de nouvelles connaissances, seront des atouts très utiles que pourra apporter le Parc. Pour notre part, nous continuerons à travailler (entre autres) pour que la pêche à pied récréative y reste possible et de qualité, pour tous et pour longtemps.

La qualité des eaux entrantes doit être maîtrisée, et c'est pourquoi nous souhaitons que par sa force (la combinaison des différents acteurs de la mer et du littoral), le Parc Marin puisse contribuer à la prise en compte de ses impératifs par les acteurs de l'amont (bassins versants). Il peut le faire de différentes manières et il faudra toutes les utiliser. Parmi celles-ci, n'oublions pas la piste pédagogique : des moyens pourraient être mis en œuvre pour réaliser des campagnes de sensibilisation des habitants des bassins-versants pour qu'ils améliorent leurs impacts sur l'aval, par des modes de consommation et de production plus respectueuses.

Cette éducation, nous souhaitons bien sûr qu'elle soit développée aussi au niveau du Parc marin, et naturellement sur les littoraux, envers les usagers qu'ils soient permanents ou touristiques. Au-delà de ses objectifs internes, le Parc marin devra disposer de moyens en faveur de l'éducation pour un développement durable, bénéficiant à tous les champs de cette ambition indispensable.

Nous incitons donc chacun à s'intéresser de près à l'enquête publique, pour les quelques jours encore possibles, pour prendre part à ce vaste projet. Nous ne proposons pas de "lettre-type" à recopier mais avons livré dans ces quelques lignes les arguments qui nous semblaient essentiels.
L'implication du plus grand nombre est aussi un facteur de réussite pour ce Parc Naturel Marin, en plein cœur duquel notre territoire se trouve, et qu'il doit saisir comme une chance.

vendredi 22 juillet 2011

Des algues sur Oléron ? Explications

Plusieurs médias ont récemment évoqué la présence d'algues vertes sur l'Ile d'Oléron. Si certains ont assez bien reflété la réalité du phénomène, d'autres étaient parfois un peu confus : c'est l'occasion de faire le point.

Les algues ont toujours existé sur Oléron comme ailleurs. Notre côte rocheuse est vivante, et dessus poussent naturellement des dizaines d'espèces, de type brunes, vertes et rouges. En fin de vie, ou lors de coups de houle, elles se décrochent, dérivent puis s'échouent. Ce phénomène naturel ne touche d'ailleurs qu'une partie des plages de l'Ile.
Sur ces plages, leur fonction écologique est très importante : elles participent aux chaînes alimentaires, et permettent au sable de se fixer, créant les conditions pour la formation ou le renforcement des dunes. Elles limitent donc directement et indirectement l'érosion.

Depuis les années 70, avec l'utilisation des engrais agricoles et de phosphates, les fleuves apportent à la côte des nutriments supplémentaires, favorables au développement d'algues vertes, qui sont donc de plus en plus nombreuses. Le phénomène est spectaculaire dans les baies bretonnes où cela devient un vrai problème.
En 2009, un cheval y est mort après avoir traversé une plage qui avait subi des échouages d'algues vertes. Ces algues avaient pourri et incorporé le sable. En marchant dessus, le cheval (et son cavalier qui marchait à côté) ont permis à un gaz toxique, le sulfure d'hydrogène, de se dégager. Précisons, pour la petite leçon, que le cheval avait bien pressenti le problème car il ne voulait pas y avancer, c'est le cavalier qui l'a tiré pour traverser la zone.

Cet évènement très médiatisé a provoqué toute une série de mesures "d'urgence", des normes sanitaires, des processus de traitement des algues, etc.
Il a permis aussi une certaine prise de conscience des risques liés à ce gaz.

Quels sont les risques ?

En règle générale, les algues échouées ne présentent aucun danger (hormis la glissade, peut-être !). Quand un tas est fraîchement échoué, qu'il sent bon l’iode ou l’algue, tout simplement, tout va bien.



Un échouage peut poser problème uniquement :
- S'il est conséquent (plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur)
- S'il est constitué en majorité d'algues vertes.
- Si il survient après une période de grande marée (les marées hautes suivantes ne l'atteignent pas)
- Sil reste en place plusieurs jours au soleil

Dans ces conditions, les algues du dessus vont sécher et former une sorte de croûte, qui devient blanchâtre (c'est très caractéristique : voir les deux photos ci-dessous). Cela crée une sorte de couvercle, sous lequel l'oxygène va manquer. Là, la fermentation anaérobie peut commencer. Cette fermentation va transformer les sucres sulfatés contenus dans les algues en hydrogène sulfuré : H2S. C'est ce gaz qui est toxique. Si la plage est fréquentée et que quelqu'un perce la croûte, le gaz va s'échapper et le respirer est dangereux.
Ce gaz est détectable facilement à son odeur "d’œuf pourri". Fiez-vous à votre nez, et ne restez pas à proximité d'échouages en putréfaction qui auraient cette odeur. Par dessus tout, il faut éviter que des enfants aillent s'amuser à percer la croûte ou jouer dans les algues pourries.



Quel est le dispositif à Oléron ?

Les élus de l'Ile d'Oléron ont pris très tôt conscience du phénomène et ont souhaité premièrement obtenir des informations précises.  Depuis 2010, l'Ile bénéficie d'un suivi régulier qui se fait par avion (suivi national du CEVA, de Dieppe à Oléron). Les résultats de ce suivi national montrent qu'Oléron est moins touchée que les îles situées plus au nord, et bien sûr beaucoup moins que la Bretagne.
Le suivi est renforcé sur le terrain :  les plages sont visitées chaque semaine. La Communauté de communes de l'Ile d'Oléron a confié à IODDE / CPIE Marennes-Oléron ce travail quotidien, et en particulier à Jean-François Périgné le spécialiste de l'équipe. Son travail est de calculer, plage par plage, les surfaces impactées, les tonnages échoués, leur pourcentage d'algues vertes, et toute information pour suivre l'évolution du phénomène. Ce faisant, et grâce à un appareil de détection spécialisé, il recherche la présence d'hydrogène sulfuré dans l'air des plages. Lorsqu'il trouve un échouage potentiellement problématique, il va réaliser les premières mesures dans l'air ambiant, puis va crever volontairement la croûte pour mesurer le H2S dans des conditions provoquées. Si l'appareil "bipe" (au-dessus de 20 ppm de H2S), il fait une fiche spéciale et émet l'information aux services de la communauté de communes et au maire concerné. Il peut préconiser une fermeture temporaire du morceau de plage affecté, si nécessaire.
De cette manière, les maires peuvent être réactifs si nécessaire.

Pour le moment, en 2011, aucun échouage n'ai fait sonner le détecteur de lui-même, mais certains échouages ont donné des mesures importantes de sulfure d'hydrogène une fois provoquées (en crevant  volontairement la croûte d'algues).



Que doit-on faire de ces algues ?

Les algues, nous l'avons vu, font partie intégrante du fonctionnement du littoral. Ce serait beaucoup plus inquiétant de ne pas en avoir !
Néanmoins c'est un inconvénient pour certaines personnes. Les gros échouages peuvent devenir gênants. Alors faut-il les ramasser, et pour en faire quoi ?
En Bretagne, par exemple, des investissements lourds ont été faits pour traiter les algues vertes. De nombreuses plages sont vidées quotidiennement de leurs algues, qui sont évacuées vers des centres de déchets spéciaux. Une partie peut être valorisée dans les champs alentours en produits marchands : engrais, compost. Nous sommes allés visiter ces installations début juillet.

Ici, rien de tel pour le moment. Il n'y a pas de filière locale, pas d'installation capable de traiter ces algues dans les normes actuelles. Mais la réflexion se poursuit : lorsque l'on connaîtra  les tonnages disponibles, que l'on aura mené une étude économique précise pour voir si cela peut être rentable ou non, et en mobilisant les communes, les agriculteurs, on pourra dire quelle solution est la plus intelligente.


Pour le moment, la démarche est donc la suivante :
  • Continuer de suivre de près les échouages, surveiller les risques gazeux pour être réactifs en cas de problème.
  • Poursuivre la réflexion sur les pistes de valorisation
  • Améliorer les conditions techniques de ramassage pour qu'elles soient normalisées
  • Communiquer sur le phénomène pour que chacun, habitant et touriste, soit bien informé
  • Tout faire pour remonter à la source de ces problèmes et les résoudre en amont des fleuves et des rivières.
Ce qui est donc remarquable à Oléron, ce n'est pas la quantité d'algues vertes (somme toutes très raisonnable par rapport à d'autres sites !) mais plutôt les moyens mis en œuvre pour empêcher autant que possible tout problème grave, et rechercher les meilleures solutions à moyen terme.

Et n'oublions pas que, sur Marennes et l’île d'Oléron, il y a toujours aussi plein de plages sans algues !


jeudi 7 juillet 2011

Une année à coccinelles

Les plages charentaises connaissent en ce moment une fréquentation massive par une nouvelle population estivale... les "bêtes à bon Dieu".

Il ne s’agit pas de bonnes sœurs à cornettes échappées d’un épisode du Gendarme de Saint-Tropez, mais des centaines de milliers (des milliards ?) de coccinelles à sept points : Cocinella septempunctata pour les intimes.



La rumeur voudrait que cette « invasion » soit due à des lâchers (par hélicoptère, excusez du peu). Il semblerait que la réalité soit plus simple : chassées des plaines agricoles par la fauche, elles se seraient laissées porter par le vent à la recherche de zones plus accueillantes. Mais, arrivées devant l’étendue de l’océan, elles auraient préférées se poser sur les plages pour un farniente estival avant de repartir vers d’autres cieux lorsque les vents tourneront. Certaines, téméraires, se sont tout de même aventurées en mer et notamment jusqu’à Cordouan où nous les avons vues cette semaine.

L’occasion donc de parler de la coccinelle, l’ogre des pucerons. Ce coléoptère, dont le nom signifie "écarlate" en latin, est un grand migrateur, capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres à la recherche de nourriture. Les coccinelles vivent plusieurs années à l’état adulte (de deux à trois) et hivernent dans des anfractuosités, d’où la possibilité pour le jardinier qui souhaite s’adjoindre l’aide de ces auxiliaires dès le printemps de créer des « hôtels » à coccinelles. Leurs larves sont les meilleurs remèdes contre les pucerons. On peut d'ailleurs en acheter dans les jardineries mais il faudrait éviter les souches exotiques, qui pourraient polluer nos espèces locales.

Son surnom de "bête à bon Dieu" trouve son origine dans une légende moyenâgeuse qui voudrait qu’une coccinelle ait sauvé un innocent de la décapitation...

La visite de ces insectes est aussi l’occasion de vous faire part d’une récente découverte d’une équipe de chercheurs : certaines coccinelles servent de gardes du corps involontaires à des larves de guêpes. Il s’agit là d’un exemple rare de parasitisme réversible : http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-la-coccinelle-a-garde-du-corpsa-27148.php


Un dernier mot : NON ! Personne ne loue des hélicoptères pour aller balancer des caisses de coccinelles (ou de vipères, comme on l'entend aussi parfois). Non seulement il n'y a aucun intérêt à faire des lâchers de ce genre (qui pourraient même perturber de fragiles équilibres locaux), mais la méthode serait certainement assez inefficace ! Et ne parlons même pas du coût.
C'est la nature, tout simplement...

 

dimanche 23 janvier 2011

Biodiversité : soirée citoyenne le 25 janvier

C'est la fin d'un cycle de 10 conférences thématiques, proposées par le Conseil de Développement du Pays Marennes Oléron. A partir de l'ensemble de ces connaissances et des enjeux qui ont été discutés, il s'agit maintenant de produire un recueil de dispositions à prendre pour améliorer la prise en compte de la biodiversité à l'échelle du Pays.

Pour ce faire, une soirée est organisée au Lycée de la mer de Bourcefranc (salle de conférences) le mardi 25 janvier à 20 heures. Après une rapide synthèse des précédentes conférences, les participants travailleront en ateliers : Comment améliorer nos connaissances ? Comment préserver et gérer certaines espèces ou certains milieux ? Comment valoriser ce patrimoine et associer les habitants et les visiteurs à leur préservation ? Comment agir au quotidien... Autant de points à débattre ensemble.

Cette soirée est comme toujours ouverte à toute personne intéressée, gratuite, et espérons-le, productive. Le Conseil de développement s'engage ensuite à défendre les préconisations obtenues, auprès des décideurs et gestionnaires.

samedi 15 janvier 2011

CaPOeRa : la chasse continue


Aujourd'hui les sciences participatives permettent à tout un chacun de s'investir à sa manière dans des programmes d'étude et de préservation de l'environnement.  Nous avons déjà plusieurs fois évoqué sur ce blog le programme de l'APECS (Association pour l'Étude et la Conservation des Sélaciens). CaPOeRa pour "Capsules d'œufs de raies". IODDE y est associée localement. 

Le principe est simple : lors d'une promenade sur la plage, vous rencontrerez sans doute quelques capsules caractéristiques. Ces enveloppes de kératine sont fabriquées par les raies qui y déposent leurs œufs au fond de la mer. Une fois la petite raie éclose, la capsule va dériver au gré des courants et s'échouer sur une plage. L'intérêt et que chaque espèce peut être distinguée par la forme de ses capsules : on peut donc assez facilement se rendre compte des abondances relatives des 4 ou 5 espèces les plus fréquentes. 

Vous pouvez donc récolter ces capsules, les rassembler dans un sac avec un papier notant bien la date et le lieu de récolte (plage et commune), vos noms et coordonnées si vous voulez. Ensuite, vous pouvez soit les déposer à l'accueil de la Communauté de communes de l'Ile d'Oléron (rond point de la vigne à Saint-Pierre), soit nous les remettre à l'occasion des différentes activités. Nous les déterminerons et enverrons les résultats à l'APECS, à Brest, qui centralise.

Aujourd'hui plus de 40 000 capsules ont été ainsi récupérées ! Quelques "mordus" se sont spécialisés et l'un d'entre eux, adhérent à IODDE d'ailleurs, a dépassé les 12 000 capsules en quelques années !

Si vous souhaitez aller plus loin et apprendre à déterminer vous-mêmes les espèces de raies, vous pouvez télécharger (ci-dessous) le guide d'identification et vous entraîner. Appelez-nous pour des conseils ou si vous hésitez au début. Avec l'habitude cela peut aller très vite, d'autant que la très grande majorité des capsules récoltées sur Oléron viennent de la raie brunette. Mais il y a parfois quelques surprises !

Le site de l'APECS : http://www.asso-apecs.org/-Suivi-des-peuplements-de-raies-.html

Le guide pour identifier les espèces d'après les capsules : http://www.asso-apecs.org/IMG/pdf/DEPLIANT-bassedef.pdf

samedi 8 janvier 2011

Conférence à Marennes : les pêcheries du golfe de Gascogne

Dans le cadre de sa série de conférences sur la biodiversité, en partenariat avec la Communauté de communes de l'Ile d'Oléron, le Conseil de développement vous propose maintenant de faire le point sur l'état des ressources en poissons de la région. C'est Gérard Biais, de l'IFREMER, qui apportera ses connaissances en la matière.
En seconde partie de soirée seront abordées les questions relatives aux mammifères, requins et tortues, par Laurence Gonzalez du Centre de Recherche sur les Mammifères Marins.

La soirée est gratuite et ouverte à tous. Vous pourrez poser vos questions et échanger avec les participants.

Elle se déroulera le Jeudi 13 janvier 2011 à 20 heures, au Centre d'Animation et de Loisirs de Marennes.

Rappelons que cette grande série de conférences s'achèvera le 25 janvier au lycée de la mer (à 20 heures toujours) par une soirée, rassemblant tous les participants des différents thèmes, et qui aura pour but de produire un certain nombre de propositions concrètes à faire aux gestionnaires et décideurs en matière de biodiversité.

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