Au printemps 2008, IODDE a pu réaliser l'étude de la pression de pêche qui s'exerce sur l'araignée de mer, dans la région de Chaucre, sur l'Ile d'Oléron. C'est Pierre Cuccurullo, en stage de licence professionnelle (Université de La Rochelle / Lycée de la mer de Bourcefranc) qui a mené l'enquête entre avril et juillet. Il a multiplié les comptages, les interviews de plongeurs, les mesures de récoltes... Sur le terrain. Puis toutes ces données ont été informatisées et traitées.

Rien que sur ce site (qui est tout de même le plus connu pour cette espèce), environ 650 plongeurs ont été comptabilisés pendant la saison. Ils ont pêché environ 2 000 araignées, soit un peu moins de 2 tonnes.
Comparées au 330 tonnes de coquillages et crustacés récoltées en tout sur Marennes Oléron cette année, cela peut paraître peu. Pourtant, 85 % des araignées pêchées étaient des femelles, toutes en phase de reproduction, portant des oeufs.
Dès lors, on est portés à craindre que ces nombreuses femelles qui n'auront pas pu pondre vont contribuer plutôt à une diminution des effectifs. La pêche s'exerce en effet en plein coeur de la zone de reproduction, et finalement d'une manière assez intensive lorsque les conditions de mer le permettent.
Tout comme l'étrille par exemple, l'araignée de mer est assez mal connue des scientifiques. En l'absence de certitudes, pour le moment, il faut continuer à acquérir des informations pour voir dans quelle mesure la pêche pourrait avoir un impact moins grave. On peut par exemple imaginer de n'ouvrir la pêche de ce crabe qu'en deuxième partie de printemps, pour laisser au moins les premières femelles pondre.
Point encourageant : les plongeurs sont plus informés que la moyenne des pêcheurs à pied, et semblent prêts à évoluer à condition que nous fournissions des éléments tangibles en faveur de mesures de préservation d'une ressource exceptionnelle, mais probablement impactée par la pression de pêche.