A la faveur de cette grande marée, nous avons pu constater que de nombreuses étrilles étaient en train de muer. On peut le constater en les attrapant, car elles sont toutes molles. Dans ce cas, inutile de la pêcher car elle est pleine d'eau : mieux vaut la relâcher, très délicatement. 

Avant d'abandonner son ancienne carapace, le crabe va utiliser toute sa chair et son énergie pour fabriquer sa nouvelle tunique. L'ancienne (dure) va s'ouvrir à l'arrière et le crabe, en reculant, va la quitter méthodiquement, si bien que la mue, vide, va garder sa forme. Mais il n'y a plus rien à l'intérieur : le crustacé est à côté. Sa mollesse lui permet de se gonfler d'eau de mer et donc de prendre du volume. Puis, une fois agrandi, il va attendre bien sagement sous un rocher, quelques jours, pour  que sa nouvelle peau se durcisse et lui permette à nouveau de se défendre et de se nourrir. 

Sur la photo ci-dessus, on voit bien la différence de taille entre la vieille carapace (à droite) et le crabe juste sorti (à gauche). Spectaculaire !