En 2007, nous avions vu comment les différents estrans de Marennes Oléron fonctionnaient, en termes de fréquentation. Sur les rochers, les pics étaient atteints en périodes de fortes marées (équinoxes). Nous avions étudié la pêche des étrilles, et avons donc concentré nos efforts d'observation sur les marées de plus de 80. Pourtant, par moins de 80 (par tout coefficient, en fait) nous trouvons aussi des pêcheurs sur les rochers. Ce sont des gens qui viennent en découverte, se balader en famille, ou qui recherchent des espèces pour lesquelles le coefficient importe moins (patelles, huîtres, bigorneaux...). C'est surtout vrai en été.

Nous nous sommes donc concentrés cette année sur l'étude de cette pêche - loisir. Le site de La Brée et des Boulassiers a été principalement suivi, presque au quotidien. Nous y avons estimé la fréquentation, puis extrapolé à l'ensemble des sites rocheux d'Oléron. Ainsi, ce sont de l'ordre de 39 000 séances de pêche qui ont eu lieu pour les coefficients inférieurs à 80, cette année. En ajoutant les 74 000 pêcheurs qui viennent par coefficient égal ou supérieur à 80, on obtient une fréquentation totale des estrans rocheux estimée à 113 000 personnes par an, en moyenne sur 2007 et 2008. La moitié de ces pêcheurs ne viennent pas pour l'étrille.

Les récoltes sont très variées : patelles, bigorneaux et troques, moules, huîtres, petits crabes, palourdes, praires, crevettes, étoiles de mer... Ce sont les pêcheurs d'huîtres qui ont le plus fort rendement en poids (moyenne de 4,4 kg par séance de pêche). Ils sont d'ailleurs près d'un tiers à dépasser les 5 kg autorisés par la réglementation. Les palourdes sont souvent bien petites. Sur l'ensemble des paniers examinés, un seul ne contenait pas de palourdes inférieures à la maille ! Globalement, les palourdes qui dépassent 4 cm représentent à peine 10 % des récoltes.
En moyenne sur les deux années complémentaires (2007 et 2008), les prélèvements annuels sur les estrans rocheux oléronais sont estimés à environ 105 tonnes de coquillages et crustacés, dont 35 tonnes d'étrilles (ce qui correspond à 400 000 crabes environ).


Il est difficile de qualifier toute une série de prélèvements. Par exemple, que dire de ceux qui récoltent des étoiles de mer, ou autres petits organismes non consommés ? Ce n'est pas interdit par la loi... Mais est-ce bien raisonnable d'enlever ces animaux de leur milieu pour les mettre (dans la plupart des cas) dans une poubelle ?...



Dans un prochain article, nous ferons le point sur l'ensemble du diagnostic 2008, qui sera présenté au Comité de pilotage REVE le 26 novembre.