Nom scientifique : Necora puber
Nom local : le Bataillé
Nom anglais : « velvet swimming crab » (le crabe nageur à peau de velours)


Ce crustacé décapode (= 10 pattes) est bien connu des pêcheurs à pied. Sa chair excellente (à condition de bien choisir les individus pleins et de bien les cuisiner !) et sa relative abondance en font l’une des proies majeures de nos estrans rocheux.
D’après les calculs réalisés par IODDE, sur la base de multiples observations (comptages, examens de récoltes…) il se pêche à pied plus de 400 000 étrilles sur les rochers de l'ile d’Oléron, par an.


Cependant, la biologie de cette espèce est assez mal connue. On sait bien sûr la décrire physiquement et on commence à comprendre son cycle de croissance, d’ailleurs très variable en fonction des régions. Jeune, l’étrille mue à des fréquences rapprochées, puis sa croissance ralentit. Pour les gros individus, les mues annuelles peuvent avoir lieu en toute saison mais avec une préférence pour la saison estivale. Les mâles muent avant les femelles qui sont fécondées au stade de post-mue.
Le régime de l’étrille est de type opportuniste, c'est-à-dire qu’elle se nourrit volontiers d’une très vaste gamme de proies, animales ou végétales.

L’une des grandes questions qui se pose est de savoir si la « réserve » sous-marine est suffisante pour assurer le renouvellement des tonnes d’étrilles capturées par les pêcheurs à pied mais aussi par les professionnels. Pour le moment, aucune action de gestion n’est en place sur cette espèce.


Une étude de grande envergure est engagée en coopération avec l'Université de La Rochelle. Des biologistes, généticiens, géographes, juristes, vont pendant 3 ans "décortiquer" cette espèce et la pression de pêche, pour déterminer dans quelle mesure la ressource peut être durablement préservée d'une éventuelle surpêche. Des campagnes de mesures et de marquage ont déjà commencé. Si vous trouvez des étrilles marquées en couleur sur la carapace, vous pouvez nous contacter.