Comment permettre à nos estrans rocheux de se régénérer ? L'une des possibilités envisagées par IODDE et ses partenaires est d'expérimenter un système de reconquête (jachère provisoire) : une partie de l'estran serait mise en protection pendant environ 3 ans, puis décalée d'un tiers pour commencer à protéger une autre zone et rouvrir un estran remis à neuf. Ce système a fait ses preuves dans d'autres domaines.
En pratique, sur le Domaine Public Maritime, la réglementation est complexe. Grâce à l'appui des Affaires Maritimes de Marennes, IODDE et l'Université de La Rochelle ont obtenu la mise en concession scientifique d'une zone de 26 hectares située entre deux écluses, à la pointe nord de l'Ile.

Dans cette zone, la pêche à pied est interdite pendant trois ans. Seuls les scientifiques de l'Université, encadrés par le thésard de l'association IODDE, Mathieu Le Duigou, pourront y travailler. Leur objectif est triple :

1- Faire l'inventaire du patrimoine naturel des estrans rocheux oléronais
2- Mesurer l'impact de la pêche des crabes (retournement des roches) sur le milieu naturel et sur les populations d'étrilles
3- Etudier la capacité de régénération de l'estran, lorsqu'il n'est pas soumis à la pêche.

Déjà, près de 300 espèces de faune et d'algues sont signalées sur la zone. Un suivi précis est effectué, en particulier pour comparer les roches qui sont retournées à celles qui ne le sont pas. On voit nettement que certaines espèces sont très sensibles, et parfois disparaissent. D'autres s'adaptent plus facilement, et d'autres profitent même de la place laissée pour se développer aux dépends des espèces plus diminuées.  Mais au final, les premiers résultats montrent que les roches retournées par les pêcheurs perdent presque un tiers de leur richesse.

La thèse de Mathieu Le Duigou se poursuit jusqu'à fin 2009. D'ici là, nous vous tiendrons informés périodiquement, par le blog, des avancées de la science à Chassiron.