R.E.V.E. : Reconquête Et Valorisation des Estrans : c'est le nom du projet.

Il y a plus de 15 ans, quelques pêcheurs à pied locaux ont commencé à s’inquiéter des évolutions qu’ils constataient sur le terrain : de plus en plus de monde aux grandes marées, de moins en moins de crabes, des gens qui ne connaissent pas le milieu naturel, retournent les roches, labourent les vases… Et récoltent un peu de tout, sans veiller à l’avenir de l’écosystème. Certaines espèces, que l’on pêchait à pied assez facilement il y a une ou deux générations, ont presque disparu (le homard, le tourteau…). D’autres sont en voie de raréfaction (coques, palourde locale…).
Leurs efforts ont enfin abouti à la rédaction d’un projet, porté par l’association IODDE, qui consiste à rassembler tous les acteurs (collectivités, administrations, associations environnementales, professionnels du tourisme, pêcheurs professionnels, lycée, scientifiques de l’Ifremer et de l’Université de La Rochelle), pour établir le diagnostic partagé de ce qui se passe sur les estrans, et en déduire les actions les plus judicieuses.

Bien que le problème soit ressenti sur bien d’autres côtes françaises, le projet oléronais fait actuellement figure de pionnier dans son approche et les moyens mis en place. L’objectif est que la pêche à pied puisse perdurer, car c’est à la fois un pilier de l’identité locale, et une source d’attractivité. C’est aussi l’un des derniers « espaces de liberté » pour de nombreuses personnes, qui ont cette rare occasion d’être dans la nature, ce qui est précieux. C’est du bonheur, en quelque sorte, pourquoi s’en priver !


Cependant, le milieu naturel et la ressource ne doivent pas être détruits, de même que les activités primaires locales : pêche à pied professionnelle (35 entreprises individuelles) et bien sûr l’ostréiculture.

Le projet qui mobilise 3 salariés est financé par la Région, le Département, et la Fondation Nature & Découvertes.
Il comprend le travail de diagnostic, l’information du public, le travail de thèse sur le retournement des roches et son impact sur le milieu naturel. Pour l’expérience, une zone de reconquête (jachère provisoire) de 26 hectares d’estran rocheux a été protégée pour y étudier le renouvellement de la ressource lorsqu’elle n’est pas sous la pression de pêche.