Nom français : crabe verruqueux, ériphie
Nom scientifique : Eriphia verrucosa (Forskål, 1775), (anciennement Eriphia spinifrons)
Nom local : Crabe de rocher, chancre de roche


Attention les doigts : ce crabe ne vous ratera pas s'il a une occasion de vous pincer ! Tapi dans une anfractuosité de rocher, entre deux pierres d'écluse, il vit caché la plupart du temps. Mais heureux, ce n'est pas sûr... On peut dire que l'espèce avait quasiment disparu de nos estrans, alors qu'il fut dans une période récente une proie très (trop ?!) recherchée par les pêcheurs à pied. A une certaine époque, pas si lointaine, c'était le deuxième crabe consommé, juste après le tourteau : souvenirs...
Déclin des écluses à poissons (aujourd'hui stoppé fort heureusement), réchauffement climatique, déplacement de populations, et pêche assidue sont les causes probables de cette quasi-disparition.

L'observation de cette femelle de belle taille, à l'ouest de l'Ile, portant ses oeufs (photo ci-dessus), a résonné comme un message d'espoir pour cette espèce, et plus largement pour nos estrans. La nature a décidément des ressources impressionnantes. Depuis, d'autres observations ont été faites lors de nos journées de terrain. Le crabe de rocher est de retour. Ce qui ne sera une bonne nouvelle que si on ne se met pas à le pêcher quelques temps, pour le laisser recoloniser suffisamment.

Son aire de répartition ne dépasse pas la Bretagne, et va jusqu'en Méditerranée. Il n'est connu que sur la frange littorale : excepté pour quelques gros spécimens, il ne descend pas sous les -6 mètres, d'où l'importance de le laisser un peu tranquille sur l'estran.

Pour alimenter vos conversations savantes : le nom scientifique vient du grec "eriphos" qui veut dire "petit fantôme", allusion aux antennes qui évoquent de petites cornes.

Concluons par cette phrase, souvent citée par un grand naturaliste français contemporain, Jean-Pierre Choisy, s'agissant des espèces qui regagnent en effectifs. Il constate : "quand on ne les tue pas, ils vivent !"