Le retour du chancre de roche
Par JBB le jeudi 16 octobre 2008, 17:43 - Pêche à pied - Lien permanent
Nom français : crabe verruqueux, ériphie
Nom scientifique : Eriphia verrucosa (Forskål, 1775), (anciennement
Eriphia spinifrons)
Nom local : Crabe de rocher, chancre de roche

Attention les doigts : ce crabe ne vous ratera pas s'il a une occasion de
vous pincer ! Tapi dans une anfractuosité de rocher, entre deux pierres
d'écluse, il vit caché la plupart du temps. Mais heureux, ce n'est pas sûr...
On peut dire que l'espèce avait quasiment disparu de nos estrans, alors qu'il
fut dans une période récente une proie très (trop ?!) recherchée par les
pêcheurs à pied. A une certaine époque, pas si lointaine, c'était le deuxième
crabe consommé, juste après le tourteau : souvenirs...
Déclin des écluses à poissons (aujourd'hui stoppé fort heureusement),
réchauffement climatique, déplacement de populations, et pêche assidue sont les
causes probables de cette quasi-disparition.
L'observation de cette femelle de belle taille, à l'ouest de l'Ile, portant ses
oeufs (photo ci-dessus), a résonné comme un message d'espoir pour
cette espèce, et plus largement pour nos estrans. La nature a décidément des
ressources impressionnantes. Depuis, d'autres observations ont été faites lors
de nos journées de terrain. Le crabe de rocher est de retour. Ce qui ne sera
une bonne nouvelle que si on ne se met pas à le pêcher quelques temps, pour le
laisser recoloniser suffisamment.
Son aire de répartition ne dépasse pas la Bretagne, et va jusqu'en Méditerranée. Il n'est connu que sur la frange littorale : excepté pour quelques gros spécimens, il ne descend pas sous les -6 mètres, d'où l'importance de le laisser un peu tranquille sur l'estran.
Pour alimenter vos conversations savantes : le nom scientifique vient du grec "eriphos" qui veut dire "petit fantôme", allusion aux antennes qui évoquent de petites cornes.
Concluons par cette phrase, souvent citée par un grand naturaliste français contemporain, Jean-Pierre Choisy, s'agissant des espèces qui regagnent en effectifs. Il constate : "quand on ne les tue pas, ils vivent !"
