Comment appeler ces jolis petits coquillages ? Nous nous heurtons à cette question depuis le début de notre travail ! Faisons le point :

Le terme de Luisettes (prononcé souvent Louisettes)  est le plus utilisé localement. Tous les oléronais connaissent ce mot et il est suffisant pour bien s'entendre. Mais nous ne nous adressons pas qu'à des oléronais... En vendée, où ce coquillage est très apprécié, tout le monde appelle cela des Pignons. Alors qu'on sait bien que les pignons se trouvent chez nous dans les pommes de pins, et non sous le sable !

On entend aussi assez souvent le terme de Tellines. Les pêcheurs professionnels utilisent cette appellation pour vendre leur récolte sur les marchés. Cela pourrait donc être utilisé comme terme générique... Malheur ! La Telline est une espèce bien différente de nos coquillages, et fait d'ailleurs partie d'une autre famille, les Tellinidés, dont la coquille est plus ovale et circulaire... Et qui ne se trouve pratiquement pas sur nos estrans ! La rigueur scientifique qui nous guide dans notre travail exclue donc totalement cette approximation.

Mais c'est pourtant simple : il n'y a qu'à utiliser le nom français officiel... Qui est... Flions. Seul problème : à part quelques passionnés de sciences, personne n'utilise ce terme (et les correcteurs d'orthographe les plus enrichis ne le connaissent même pas !).

Il nous reste les noms latins : Donax trunculus pour le flion tronqué (espèce la plus commune), et Donax vittatus pour le Flion des canards (espèce qui se trouve plus bas sur l'estran, par grands coefficients uniquement). Car oui, pour nous simplifier la vie, il y a bien deux espèces. On peut imaginer employer le nom de genre (Donax), voire le nom francisé (Donaces), mais cela provoque un hérissement capillaire chez les scientifiques.

En cas de désespoir, la périphrase est parfois salvatrice : ces petits coquillages allongés de différentes couleurs que l'on trouve sous le sable des grandes plages au sud-ouest de l'Ile d'Oléron... Mais ça ne logeait pas sur la réglette.

En conclusion, nous dirons que notre seule chance (une véritable mission, en fait) est de réhabiliter le terme de flions ! Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à utiliser l'appellation locale de luisettes... Et de laisser aux vendéens le plaisir de la pêche à pied dans les conifères.