Parfois on peut le prouver : la sensibilisation, ça marche. Grâce à notre suivi de la pêche à pied, nous pouvons mesurer un certain nombre de progrès dans les comportements des pêcheurs à pied sur Marennes-Oléron. Avec 4 ans de recul, nous voyons de nettes évolutions dans les chiffres. Nous attribuons ces progrès à tous les efforts réalisés par différents acteurs locaux : distribution de réglettes et dépliants, panneaux d'information, articles de presse, réunions publiques, marées de sensibilisation... Un dispositif complet, qui porte donc ses fruits.

Pour le moment, nous avons examiné deux sites que nous avons particulièrement étudiés :

1 / La plage de Boyardville, où se pratique surtout la pêche des coques et des couteaux, par un public familial et touristique.
Au début de nos travaux, seuls 5 % des pêcheurs à pied connaissaient la réglementation. Aujourd'hui, on est à 40 % environ, ce qui pour un public toujours changeant et très occasionnel en majorité, est un bon résultat. Le respect de cette réglementation est aussi en progression : dans les paniers en 2006, seules 20 % des coques étaient maillées. En 2007, c'était à peine 10 % (le gisement était très faible cette année là). En 2010, nous dépassons les 60 % de coques réglementaires. Ce n'est pas encore parfait mais la tendance est très prometteuse ! Arriver à 100 % de coques maillées dans les paniers reste l'objectif idéal, qui garantirait réellement la pérennité de l'activité de pêche à pied sur ce site. Nous en approchons peu à peu.

2 / La vasière de Saint-Trojan-les-Bains est devenue, depuis la fermeture de la pêche à pied à Bellevue en 2004 (Réserve naturelle), le principal site de pêche aux palourdes d'Oléron.
Malgré un gisement qui est assez dégradé (il est difficile de se contenter de grosses palourdes, car elles sont assez rares !), nous observons que le taux de respect de la maille est passé de 50 % à 70 %. C'est la preuve que les pêcheurs font un réel effort. Sur ce site où l'on trouve plus d'habitués, la connaissance de la réglementation atteint les 60 % en 2010 (elle n'était que de 20 % environ en 2006). Il reste des points à améliorer car une grande majorité de paniers contiennent encore quelques palourdes un peu petites...

Ces chiffres datent de 2010, et on peut donc imaginer que les progrès ont continué depuis. Nous pourrons faire un nouveau point dans les prochaines années.
En tous cas, la tendance est très encourageante. C'est la preuve que les pêcheurs à pied comprennent très bien la nécessité de faire mieux attention aux gisements. Le bénéfice sera pour eux, car non seulement l'on évitera des mesures restrictives, mais en plus les gisements ne peuvent que s’améliorer, et ainsi la qualité de la pêche pour chacun !