Le programme "R.E.V.E." (Reconquête Et Valorisation des Estrans) s'est donc terminé fin 2009. Entre autres actions, il s'agissait de réaliser un diagnostic complet de la pêche à pied récréative sur le Pays Marennes-Oléron. Cela a mobilisé plusieurs salariés de l'association IODDE et près de 60 bénévoles, pendant 3 ans et demi.


Parmi les résultats les plus marquants, on peut noter :

  • Chaque année, environ 220 000 séances de pêche se succèdent sur les estrans (dont 113 000 sur les rochers, 40 000 sur les sables à coques et couteaux, 18 000 sur les plages à tellines, et 48 000 sur les vases).
  • Cela représente près de 45 000 personnes différentes qui pratiquent ici cette activité, chacune donc plusieurs fois par an, selon des profils variés.
  • Il existe une relation logique entre les types de pêches et les profils de pêcheurs : public familial sur les plages, plus masculin et expérimenté sur les zones à étrilles, etc.
  • 92 % de cette fréquentation est d’origine non-résidentielle. D’ailleurs le mois d’août représente à lui seul 60 000 séances de pêche soit 30 % du total.
  • Pour la moitié de ces personnes, les possibilités de pêche à pied sont un critère important de leur choix de destination. Il est donc important, aussi bien pour les habitants que pour les touristes, de préserver des sites de bonne qualité.
  • En moyenne, il se pêche environ 350 tonnes de coquillages et crustacés par an, dont environ 145 tonnes de palourdes, 35 tonnes d’étrilles (entre 350 et 400 000 crabes), 15 tonnes de flions (« luisettes »), 40 tonnes de coques en 2007 (c'est très variable selon les années)...
  • Un bon tiers de ces prélèvements n’est pas conforme à la réglementation en vigueur. Une autre partie, plus difficile à évaluer précisément, est gaspillée (espèces non consommables, surplus, mauvaise conservation).
  • La thèse de Mathieu Le Duigou prouve que le retournement desroches, par les pêcheurs d'étrilles, provoque une perte durable de la biodiversité (en moyenne de 30à 70 % par un simple geste). Tous les pêcheurs devraient donc cesser de renverser les pierres.
  • Les pêcheurs accueillent en moyenne à 95 % les actions d’information favorablement ; ce pourcentage croit d’ailleurs peu à peu, et tend vers 99 % sur les dernières évaluations 2009.

C'est l'occasion de remercier une nouvelle fois les partenaires qui ont permis la réalisation de ce travail innovant et précis : le Conseil régional Poitou-Charentes , le Conseil général de  la Charente-Maritime, la Communauté de communes de l'Ile d'Oléron, la Fondation Nature & Découvertes, et la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme.

En conclusion, la pression de pêche à pied est effectivement très forte sur le secteur. Certains gisements (coques, palourdes) en pâtissent très nettement. Il y a cependant de bonnes marges de manoeuvre, et les pêcheurs semblent prêts à s'améliorer. La connnaissance de la réglementation et des bonnes pratiques augmente sensiblement. De plus, nous avons été très impressionnés par la capacité des estrans à se régénérer. Notre travail se termine donc sur un double message, de responsabilisation et d'espoir.

Enfin, "se termine", pas tout à fait, pas du tout même ! Car nous poursuivons sur cette thématique, tout d'abord localement avec plusieurs études et la continuité de nos actions pédagogiques. Nationalement, IODDE repère d'autres initiatives et anime un réseau d'acteurs, transmettant ainsi son expérience sur d'autres côtes françaises. Nous en reparlerons bientôt...