Les plages charentaises connaissent en ce moment une fréquentation massive par une nouvelle population estivale... les "bêtes à bon Dieu".

Il ne s’agit pas de bonnes sœurs à cornettes échappées d’un épisode du Gendarme de Saint-Tropez, mais des centaines de milliers (des milliards ?) de coccinelles à sept points : Cocinella septempunctata pour les intimes.



La rumeur voudrait que cette « invasion » soit due à des lâchers (par hélicoptère, excusez du peu). Il semblerait que la réalité soit plus simple : chassées des plaines agricoles par la fauche, elles se seraient laissées porter par le vent à la recherche de zones plus accueillantes. Mais, arrivées devant l’étendue de l’océan, elles auraient préférées se poser sur les plages pour un farniente estival avant de repartir vers d’autres cieux lorsque les vents tourneront. Certaines, téméraires, se sont tout de même aventurées en mer et notamment jusqu’à Cordouan où nous les avons vues cette semaine.

L’occasion donc de parler de la coccinelle, l’ogre des pucerons. Ce coléoptère, dont le nom signifie "écarlate" en latin, est un grand migrateur, capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres à la recherche de nourriture. Les coccinelles vivent plusieurs années à l’état adulte (de deux à trois) et hivernent dans des anfractuosités, d’où la possibilité pour le jardinier qui souhaite s’adjoindre l’aide de ces auxiliaires dès le printemps de créer des « hôtels » à coccinelles. Leurs larves sont les meilleurs remèdes contre les pucerons. On peut d'ailleurs en acheter dans les jardineries mais il faudrait éviter les souches exotiques, qui pourraient polluer nos espèces locales.

Son surnom de "bête à bon Dieu" trouve son origine dans une légende moyenâgeuse qui voudrait qu’une coccinelle ait sauvé un innocent de la décapitation...

La visite de ces insectes est aussi l’occasion de vous faire part d’une récente découverte d’une équipe de chercheurs : certaines coccinelles servent de gardes du corps involontaires à des larves de guêpes. Il s’agit là d’un exemple rare de parasitisme réversible : http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-la-coccinelle-a-garde-du-corpsa-27148.php


Un dernier mot : NON ! Personne ne loue des hélicoptères pour aller balancer des caisses de coccinelles (ou de vipères, comme on l'entend aussi parfois). Non seulement il n'y a aucun intérêt à faire des lâchers de ce genre (qui pourraient même perturber de fragiles équilibres locaux), mais la méthode serait certainement assez inefficace ! Et ne parlons même pas du coût.
C'est la nature, tout simplement...