IODDE-CPIE Marennes-Oléron

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Tag - Algues

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samedi 16 mai 2015

Interdiction de pêche à pied : coquillages fouisseurs à l'ouest d'Oléron

La présence dans le milieu d'une toxine lipophile amnésiante, décelée le 11 mai sur toute la côte ouest d'Oléron et sur la côte sauvage (Galon d'Or, La Tremblade, Pointe de la Coubre) a conduit la Préfecture à y interdire la pêche à pied des coquillages fouisseurs : tellines (flions), coques, couteaux et palourdes. Les coquillages non fouisseurs (huîtres) et les crustacés ne sont pas concernés, ni la côte Est d'Oléron. 

La toxine en question, qui provient de la prolifération de micro-algues (elles-mêmes favorisées par l'augmentation  rapide de la température de l'eau) est à prendre au sérieux : elle peut poser des problèmes gastro-intestinaux, et n'est pas détruite pas la cuisson.

Amis pêcheurs à pied, en ce weekend de fort coefficient, prenez compte de cette interdiction et éventuellement modifiez votre projet de pêche. L'interdiction sera levée dès que les analyses d'Ifremer seront meilleures. Nous vous en ferons part sur ce blog bien sûr. 

Le 21 mai, un nouvel arrêté préfectoral, disponible dans l'annexe ci-dessous, interdit la consommation de moules (professionnels et amateurs) en provenance du bassin, à l'est d'Oléron, devant l'Ile Madame, Fouras etc. 

mardi 15 janvier 2013

Bulletin d'actualités numéro 14

En cliquetant sur l'annexe ci-dessous, vous pourrez découvrir notre nouvelle feuille d'actualités. Petit à petit, nous essayons de la publier de façon trimestrielle, ou à peu près... Bonne lecture !

jeudi 14 juin 2012

Tout sur notre activité 2011

Profitons d'une semaine sans arrêté préfectoral (?!) pour mettre en ligne notre rapport d'activités 2011. C'est le bon moyen pour tous ceux qui souhaitent découvrir précisément nos actions et nos partenaires. 2011 fut encore une année très consistante pour les bénévoles et les salariés !

Vous pouvez téléporter ce document dans l'annexe ci-dessous. Il sera également disponible dans la rubrique "publications" du blog.

lundi 23 avril 2012

Vive le bénévolat !

A l'occasion de la semaine du développement durable, cette année, IODDE / CPIE Marennes-Oléron a convié ses bénévoles à participer à deux journées thématiques, instructives et conviviales.

Nos spécialistes des algues, Jean-François, Jacques et Sarah ont organisé une marée de terrain à la découverte des différentes espèces présentes sur l'île. Du Chondrus crispus à l'ulve, en passant par la sargasse, une trentaine de variétés a pu être observée.


Le Chondrus (le "petit sart") était récolté en abondance il y a quelques siècles. L'église de Saint-Georges d'Oléron en témoigne d'ailleurs : elle porte à son fronton plusieurs sculptures représentant cette algue, dont on extrait un gélifiant encore très répandu en alimentation. L'Ulve, c'est l'algue verte, celle que l'on n'aime pas trop voir s'accumuler sur nos plages en été... Mais on peut aussi la déguster, en salade ou en friture autour de bonnes petites crevettes... Merci Dominique pour la recette !

Les sciences participatives étaient à l'honneur le samedi. Après une présentation générale d'Adrien, place au terrain avec 3 programmes testés par les bénévoles.

Le premier, "biolit" (pour biodiversité littorale) consiste à recueillir des informations sur les espèces présentes sur les estrans rocheux. Le programme a été présenté par Laurent Wenk, de l'association Planète Mer. Par petits groupes, les bénévoles se sont ensuite déployés sur l'estran de La Brée.


Le projet CapOeRa (pour Capsules d’œufs de raies) est bien connu ici puisque depuis plusieurs années, notre association relaie localement l'action et a déjà fourni plusieurs milliers d'échantillons. C'est l'APECS (Association pour l’Étude et la Conservation des Sélaciens), basée à Brest, qui coordonne. En quelques minutes de promenade sur la plage, 150 capsules étaient trouvées, de 2 espèces différentes (la raie brunette, largement majoritaire, et la raie lisse).

Enfin le projet "Spipoll" (pour " insectes pollinisateurs") a été expérimenté : chacun a choisi une espèce de fleur dans un périmètre, en l'occurrence le domaine du Douhet, et  photographié en 20 minutes le plus possible d'espèces d'insectes présentes. Puis retour au local pour une détermination, phase un peu plus studieuse !


Ces deux journées ont permis de passer des moments fort sympathiques, et peut-être, de faire naitre quelques vocations... Objectifs atteints !
Photos de Maria Boggia, Patrice Basset, Jean-Baptiste Bonnin

vendredi 22 juillet 2011

Des algues sur Oléron ? Explications

Plusieurs médias ont récemment évoqué la présence d'algues vertes sur l'Ile d'Oléron. Si certains ont assez bien reflété la réalité du phénomène, d'autres étaient parfois un peu confus : c'est l'occasion de faire le point.

Les algues ont toujours existé sur Oléron comme ailleurs. Notre côte rocheuse est vivante, et dessus poussent naturellement des dizaines d'espèces, de type brunes, vertes et rouges. En fin de vie, ou lors de coups de houle, elles se décrochent, dérivent puis s'échouent. Ce phénomène naturel ne touche d'ailleurs qu'une partie des plages de l'Ile.
Sur ces plages, leur fonction écologique est très importante : elles participent aux chaînes alimentaires, et permettent au sable de se fixer, créant les conditions pour la formation ou le renforcement des dunes. Elles limitent donc directement et indirectement l'érosion.

Depuis les années 70, avec l'utilisation des engrais agricoles et de phosphates, les fleuves apportent à la côte des nutriments supplémentaires, favorables au développement d'algues vertes, qui sont donc de plus en plus nombreuses. Le phénomène est spectaculaire dans les baies bretonnes où cela devient un vrai problème.
En 2009, un cheval y est mort après avoir traversé une plage qui avait subi des échouages d'algues vertes. Ces algues avaient pourri et incorporé le sable. En marchant dessus, le cheval (et son cavalier qui marchait à côté) ont permis à un gaz toxique, le sulfure d'hydrogène, de se dégager. Précisons, pour la petite leçon, que le cheval avait bien pressenti le problème car il ne voulait pas y avancer, c'est le cavalier qui l'a tiré pour traverser la zone.

Cet évènement très médiatisé a provoqué toute une série de mesures "d'urgence", des normes sanitaires, des processus de traitement des algues, etc.
Il a permis aussi une certaine prise de conscience des risques liés à ce gaz.

Quels sont les risques ?

En règle générale, les algues échouées ne présentent aucun danger (hormis la glissade, peut-être !). Quand un tas est fraîchement échoué, qu'il sent bon l’iode ou l’algue, tout simplement, tout va bien.



Un échouage peut poser problème uniquement :
- S'il est conséquent (plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur)
- S'il est constitué en majorité d'algues vertes.
- Si il survient après une période de grande marée (les marées hautes suivantes ne l'atteignent pas)
- Sil reste en place plusieurs jours au soleil

Dans ces conditions, les algues du dessus vont sécher et former une sorte de croûte, qui devient blanchâtre (c'est très caractéristique : voir les deux photos ci-dessous). Cela crée une sorte de couvercle, sous lequel l'oxygène va manquer. Là, la fermentation anaérobie peut commencer. Cette fermentation va transformer les sucres sulfatés contenus dans les algues en hydrogène sulfuré : H2S. C'est ce gaz qui est toxique. Si la plage est fréquentée et que quelqu'un perce la croûte, le gaz va s'échapper et le respirer est dangereux.
Ce gaz est détectable facilement à son odeur "d’œuf pourri". Fiez-vous à votre nez, et ne restez pas à proximité d'échouages en putréfaction qui auraient cette odeur. Par dessus tout, il faut éviter que des enfants aillent s'amuser à percer la croûte ou jouer dans les algues pourries.



Quel est le dispositif à Oléron ?

Les élus de l'Ile d'Oléron ont pris très tôt conscience du phénomène et ont souhaité premièrement obtenir des informations précises.  Depuis 2010, l'Ile bénéficie d'un suivi régulier qui se fait par avion (suivi national du CEVA, de Dieppe à Oléron). Les résultats de ce suivi national montrent qu'Oléron est moins touchée que les îles situées plus au nord, et bien sûr beaucoup moins que la Bretagne.
Le suivi est renforcé sur le terrain :  les plages sont visitées chaque semaine. La Communauté de communes de l'Ile d'Oléron a confié à IODDE / CPIE Marennes-Oléron ce travail quotidien, et en particulier à Jean-François Périgné le spécialiste de l'équipe. Son travail est de calculer, plage par plage, les surfaces impactées, les tonnages échoués, leur pourcentage d'algues vertes, et toute information pour suivre l'évolution du phénomène. Ce faisant, et grâce à un appareil de détection spécialisé, il recherche la présence d'hydrogène sulfuré dans l'air des plages. Lorsqu'il trouve un échouage potentiellement problématique, il va réaliser les premières mesures dans l'air ambiant, puis va crever volontairement la croûte pour mesurer le H2S dans des conditions provoquées. Si l'appareil "bipe" (au-dessus de 20 ppm de H2S), il fait une fiche spéciale et émet l'information aux services de la communauté de communes et au maire concerné. Il peut préconiser une fermeture temporaire du morceau de plage affecté, si nécessaire.
De cette manière, les maires peuvent être réactifs si nécessaire.

Pour le moment, en 2011, aucun échouage n'ai fait sonner le détecteur de lui-même, mais certains échouages ont donné des mesures importantes de sulfure d'hydrogène une fois provoquées (en crevant  volontairement la croûte d'algues).



Que doit-on faire de ces algues ?

Les algues, nous l'avons vu, font partie intégrante du fonctionnement du littoral. Ce serait beaucoup plus inquiétant de ne pas en avoir !
Néanmoins c'est un inconvénient pour certaines personnes. Les gros échouages peuvent devenir gênants. Alors faut-il les ramasser, et pour en faire quoi ?
En Bretagne, par exemple, des investissements lourds ont été faits pour traiter les algues vertes. De nombreuses plages sont vidées quotidiennement de leurs algues, qui sont évacuées vers des centres de déchets spéciaux. Une partie peut être valorisée dans les champs alentours en produits marchands : engrais, compost. Nous sommes allés visiter ces installations début juillet.

Ici, rien de tel pour le moment. Il n'y a pas de filière locale, pas d'installation capable de traiter ces algues dans les normes actuelles. Mais la réflexion se poursuit : lorsque l'on connaîtra  les tonnages disponibles, que l'on aura mené une étude économique précise pour voir si cela peut être rentable ou non, et en mobilisant les communes, les agriculteurs, on pourra dire quelle solution est la plus intelligente.


Pour le moment, la démarche est donc la suivante :
  • Continuer de suivre de près les échouages, surveiller les risques gazeux pour être réactifs en cas de problème.
  • Poursuivre la réflexion sur les pistes de valorisation
  • Améliorer les conditions techniques de ramassage pour qu'elles soient normalisées
  • Communiquer sur le phénomène pour que chacun, habitant et touriste, soit bien informé
  • Tout faire pour remonter à la source de ces problèmes et les résoudre en amont des fleuves et des rivières.
Ce qui est donc remarquable à Oléron, ce n'est pas la quantité d'algues vertes (somme toutes très raisonnable par rapport à d'autres sites !) mais plutôt les moyens mis en œuvre pour empêcher autant que possible tout problème grave, et rechercher les meilleures solutions à moyen terme.

Et n'oublions pas que, sur Marennes et l’île d'Oléron, il y a toujours aussi plein de plages sans algues !


vendredi 28 mars 2008

Les algues d'échouage sur Oléron

L'un de nos tous premiers travaux, en 2005, fut de se préoccuper du "problème" des algues d'échouage sur l'Ile d'Oléron, en particulier les plages du nord de l'Ile.


D'un côté, les collectivités recevaient des plaintes de personnes qui étaient gênées par ces échouages, par leur aspect, leur odeur, les insectes qui sont attirés, parfois entravés dans leur chemin vers la baignade, ou tout simplement parce que ça ne leur paraissait pas normal sur une plage... La demande était en général de ramasser ces algues, ce que certaines communes ont fait.
De l'autre côté, nous savons tous que ces algues échouées font partie intégrante de la nature de l'Ile d'Oléron. Elles suivent un cycle normal en poussant sur les rochers, puis en se décrochant en fin de vie, ou à la faveur d'un coup de houle. Une fois sur le sable, elles continuent leur fonction écologique en nourrissant toute une chaîne alimentaire (insectes, oiseaux, crustacés...), en produisant des jus nutritifs qui s'infiltrent dans le sol ou retournent à l'estran, et en fixant le sable des dunes, par exemple.

Grâce à nos spécialistes (Jean-François Périgné, Jacques Pigeot), nous avons coopéré avec la Communauté de communes de l'Ile d'Oléron pour éditer un dépliant de sensibilisation, qui explique le cycle naturel des algues, et ses avantages. Vous pouvez télécharger ce dépliant en cliquant sur les annexes en fin d'article.

Nous avons considéré plusieurs aspects. Premièrement, le ramassage des déchets sur les plages coûte très cher (environ 400 000 € par an) au contribuable oléronais. En rajouter autant pour les algues aurait été un choix grave d'un point de vue économique. Aucun projet de valorisation n'était d'ailleurs avancé : les communes qui les récoltaient se contentaient de les enfouir sous la dune, ce qui est d'ailleurs illégal. Les analyses que nous avons commandées au CEVA (Centre d'Etudes et de Valorisation des Algues) prouvent pourtant que ces échouages constituent une matière intéressante, ne serait-ce que comme amendement aux cultures, comme cela se faisait largement pour la vigne par exemple. Certains agriculteurs ou particuliers continuent d'ailleurs d'utiliser les algues (tandis que d'autres optent pour des produits du commerce).
Par ailleurs, la DDASS nous a confirmé que ces échouages ne présentent aucun effet inquiétant pour la santé. Ce service préconise uniquement, en cas d'échouage très massif, d'ouvrir des brèches pour créer des accès à l'eau, évitant ainsi aux baigneurs, enfants en particulier, de devoir patauger dans les tas d'algues.

En conclusion, il a semblé à tous que la meilleure solution était de les laisser en place, et de communiquer pour faire accepter ce phénomène aux utilisateurs, résidents secondaires ou visiteurs. Il reste toujours des plages sans algues de toutes façons !
Sur les plages les plus concernées, des affiches ont été placées. Le dépliant est toujours distribué par la Communauté de communes. Les plaintes ont nettement baissé et la réponse qui est apportée suffit en général.


A terme, il n'est pas exclu qu'un projet de valorisation voie le jour. Cette matière naturelle, si elle est bien gérée, pourrait être utilisée en compostage ou en agriculture. A condition d'en laisser suffisamment pour que les algues remplissent leurs fonctions dans le cycle de la vie de notre littoral.

Comment concilier une économie importante, la pédagogie du territoire, et une action d'intérêt écologique !