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jeudi 24 novembre 2011

IODDE en mission à Mayotte

Nous venons de recevoir quelques nouvelles de notre équipe de spécialistes (Bertrand et Adrien), qui sont actuellement en mission auprès du Parc Naturel Marin de Mayotte. Ce Parc prépare son plan de gestion et souhaite y incorporer un suivi méthodique de l'activité de pêche à pied. Nous avons été invités à mettre en place cette méthode avec l'équipe du Parc marin, sur place, pendant trois semaines.

Mayotte présente des caractéristiques assez contrastées. L'un des plus grands lagons du monde (plus de 1000 km²), un récif de corail de 160 km de long, des plages de sable fin, des conditions tropicales, l'océan indien eaux cristallines peuplées d'espèces de toute beauté... La carte postale est des plus attrayantes ! Cependant, les conditions de vie ne sont pas toujours faciles, les ressentiments vis à vis de la métropole ne sont pas unanimes (c'est, depuis peu, un département français), et actuellement la grève couve toujours en réaction à la vie très chère, en particulier pour l'alimentation.

Il y a une véritable culture de la pêche à pied, vivrière, diversifiée. Le marnage est d'environ 4 mètres (il est d'un peu plus de 5 mètres à Oléron), ce qui permet à de beaux "platiers" de découvrir lors des grands coefficients.

Notre travail est donc de mettre en place une méthodologie scientifique et adaptée à la fois au terrain (certains sites sont assez compliqués) et aux pratiques de pêche très différentes, sans compter la grande diversité d'espèces pêchées. Sur la base de notre expérience et de ces réalités locales, il faut formaliser une technique d'échantillonnage reproductible, pour rendre possibles des extrapolations les plus fiables possible.



Ces jours-ci, c'est également une grande marée là-bas, l'occasion d'aller observer les pêcheurs sur les récifs, de tester des questionnaires, de récolter les premières données. Elles seront ensuite saisies, organisées, traitées, analysées...  Et le suivi pourra ensuite démarrer, sans nous cette fois. Même si nous aurons toujours plaisir à suivre les opérations, sans doute à distance, depuis notre beau territoire de Marennes-Oléron !

Tous nos remerciements à Adrien & Bertrand pour ces superbes images. Nous en aurons peut-être d'autres d'ici la fin de la mission... Aventure à suivre !

mardi 15 septembre 2009

Odyssée de l'estran

Pendant l'escale du "Fleur de Lampaul" (quelqu'un n'est pas encore au courant ? !), vous pourrez entre autres admirer une exposition de photographies, sur différents thèmes liés à l'estran d'Oléron. Et parmi ces images, il en est quelques-unes des plus étonnantes : des animaux qu'on n'ose guère imaginer en rêve mais qui pourtant existent bel et bien. En guise d'apéritif (pour les yeux), voici deux photographies de Mathieu LE DUIGOU (Chercheur à l'Université de La Rochelle et pour IODDE).

Cette Doris cantabrique (photo ci-dessus) alias Hypselodoris cantabrica, fait partie du groupe des nudibranches, où l'on retrouve des animaux vraiment incroyables. Y compris à Chassiron, oui.
Quant à l'anémone gemme, ci-dessous, elle répond (si tout va bien) au doux sobriquet de Aulactinia verrucosa (précisons : anciennement Bunodactis verrucosa, histoire que chacun puisse mettre à jour ses connaissances...).

L'exposition sera visible entre 16h et 18h30, vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 septembre, dans la salle de l'YCO sur le port de Saint-Denis d'Oléron (près de la capitainerie). Entrée libre et gratuite !

mercredi 11 février 2009

Un petit tour en Nouvelle Calédonie !

Aux antipodes, la pêche à pied est aussi pratiquée. Elle est même étudiée de près : depuis plus d'un an, Haizea Jimenez travaille dans le cadre sa thèse universitaire sur la Nouvelle Calédonie : quelles sont les pratiques, qui sont les pêcheurs, quels sont les prélèvements, et les problèmes que cela pose...

Haizea nous a fait parvenir ces jours-ci un véritable reportage photographique à l'attention des visiteurs de notre blog. Alors que l'hiver a l'air de vouloir s'attarder sur nous, nous vous proposons un bon bain d'exotisme !

Première particularité : les coraux. On retrouve ce type de platier récifal aux abords des îlots. On le distinguera des estrans plutôt sableux (photo ci-dessous) et plutôt herbeux (photo suivante).

La pêche à pied nous a semblé compliquée à étudier sur Marennes Oléron, car il y a différents types d'estrans, de pêcheurs et d'habitudes, différentes espèces, etc. En Nouvelle Calédonie, Haizea est confrontée au même type de complexité, avec en plus des espèces bien plus nombreuses (une soixantaine), pas toujours faciles à identifier : 6 espèces de bénitiers différents, par exemple, comme celui-ci, photographié dans une réserve, et qui a été mesuré à 40 cm de diamètre... Son nom scientifique : Hippopus hippopus.

La pêche est de type opportuniste :aux grandes marées, on part sur l'estran et on récolte une grande diversité de coquillages. Il ne semble pas qu'il y ait de spécialistes (contrairement à chez nous comme pour les palourdes, les couteaux ou les étrilles). Ceci complique bien sûr le travail de diagnostic, puisqu'il faut examiner précisément le contenu de chaque panier pour mesurer les récoltes.

Vous avez remarqué les cocotiers sur la plage ? Ou le sac de pêche qui est lui assez commun avec ce que l'on trouve ici ! Et qui contient (photo suivante) des espèces habituelles des platiers sablo-vaseux et herbeux : au centre, un "Porte-montre" Chicoreus ramosus, entouré de palourdes locales Anadara antiquata et de "savonettes" Perilgypta puerpera, bivalve ressemblant aux praires.

Autres exemples d'espèces récoltées à pied (photo suivante) : trois poulpes Octopus cyanea, de nombreux lambis qui sont appelés "araignées" là-bas Lambis truncata, un petit bénitier en haut de l'espèce Tridacna maxima. Les plus perspicaces auront aussi remarqué une troca (proche de nos troques) : Trochus niloticus.

Les lambis sont très prisés par les pêcheurs à pied.

Ci-dessus, vous aurez reconnu les bénitiers, et à gauche des bigorneaux (différents des nôtres là aussi !) : Turbo setosus.
Ci-dessous, à nouveau le Porte-montre, un cône Conus marmoreus, des palourdes Tapes literatus et une autre espèce de savonette : Perilgypta puerpera.

La pêche à pied est donc bien différente en Nouvelle Calédonie. Il y a par exemple de nombreuses propriétés privées pour lesquelles il faut demander une autorisation d'accès au chef de tribu.
Malgré tout, il semble que l'accueil des pêcheurs à pied soit aussi favorable qu'ici : ils se prêtent aimablement aux questionnaires et permettent à la thèse d'Haizea de progresser. C'est encourageant. 

Cette dernière photo nous ferait presque revenir à nos platiers rocheux : à part un ou deux costumes inhabituels sous nos contrées, on se croirait aux Huttes !

Un grand merci à Haizea pour ce petit voyage. Nous restons en contact et continuons d'échanger nos informations. Et bien sûr, nous serions très flattés d'apprendre que les calédoniens trouvent nos bigorneaux et nos couteaux tout à fait extraordinaires...

dimanche 4 janvier 2009

La banquise a-t-elle atteint l'Ile d'Oléron ?

Bonne année à vous tous !

Pour commencer 2009, voici quelques images prises ce matin le long de la route des huîtres, près du port de la baudissière, sur Oléron... C'est frais mais c'est beau !!


Une petite explication s'impose : cette "neige" se forme par gel progressif de l'écume quand la marée descend, sous l'effet du vent et du froid. Cela arrive assez rarement sur nos côtes. On n'a pas eu de neige (ou presque) mais on a eu la banquise : qui dit mieux ?

samedi 3 janvier 2009

Vénération de la palourde ?

Avec ses bons voeux, Bertrand nous envoie cette image (prise depuis le bus : bon réflexe !) d'une sculpture de palourde, installée sur la côte ouest de la Thaïlande (où il se remet actuellement de son travail de 2008 !).

Voilà qui rivalise avec nos sardines viticoles du rond-point de Saint-Pierre  !
En tous cas merci pour les images de palmiers. Pendant ce temps là, on gèle... Veinard.

dimanche 23 novembre 2008

Luisettes, tellines, flions... Le Casse-tête du jour

Comment appeler ces jolis petits coquillages ? Nous nous heurtons à cette question depuis le début de notre travail ! Faisons le point :

Le terme de Luisettes (prononcé souvent Louisettes)  est le plus utilisé localement. Tous les oléronais connaissent ce mot et il est suffisant pour bien s'entendre. Mais nous ne nous adressons pas qu'à des oléronais... En vendée, où ce coquillage est très apprécié, tout le monde appelle cela des Pignons. Alors qu'on sait bien que les pignons se trouvent chez nous dans les pommes de pins, et non sous le sable !

On entend aussi assez souvent le terme de Tellines. Les pêcheurs professionnels utilisent cette appellation pour vendre leur récolte sur les marchés. Cela pourrait donc être utilisé comme terme générique... Malheur ! La Telline est une espèce bien différente de nos coquillages, et fait d'ailleurs partie d'une autre famille, les Tellinidés, dont la coquille est plus ovale et circulaire... Et qui ne se trouve pratiquement pas sur nos estrans ! La rigueur scientifique qui nous guide dans notre travail exclue donc totalement cette approximation.

Mais c'est pourtant simple : il n'y a qu'à utiliser le nom français officiel... Qui est... Flions. Seul problème : à part quelques passionnés de sciences, personne n'utilise ce terme (et les correcteurs d'orthographe les plus enrichis ne le connaissent même pas !).

Il nous reste les noms latins : Donax trunculus pour le flion tronqué (espèce la plus commune), et Donax vittatus pour le Flion des canards (espèce qui se trouve plus bas sur l'estran, par grands coefficients uniquement). Car oui, pour nous simplifier la vie, il y a bien deux espèces. On peut imaginer employer le nom de genre (Donax), voire le nom francisé (Donaces), mais cela provoque un hérissement capillaire chez les scientifiques.

En cas de désespoir, la périphrase est parfois salvatrice : ces petits coquillages allongés de différentes couleurs que l'on trouve sous le sable des grandes plages au sud-ouest de l'Ile d'Oléron... Mais ça ne logeait pas sur la réglette.

En conclusion, nous dirons que notre seule chance (une véritable mission, en fait) est de réhabiliter le terme de flions ! Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à utiliser l'appellation locale de luisettes... Et de laisser aux vendéens le plaisir de la pêche à pied dans les conifères.

dimanche 15 juin 2008

Quelques vues imprenables...

Lors de nos journées de terrain, nous prenons parfois quelques clichés de pêcheurs pour illustrer nos présentations. Dans certains cas, les situations prennent un caractère assez comique que nous n'hésitons pas à vous faire partager... Pardonnez-nous s'il s'agit de vous !

Voici quelques joyaux de notre collection "photos de chus" !

Une vue imprenable sur le Fort Boyard (en haut à droite), grâce à ce groupe de pêcheurs à la chorégraphie bien synchronisée...

Une bonne session sur les vases : un sport qui fait maigrir très vite...

On peut calculer l'âge d'un arbre en observant les cercles de croissance. De la même façon, on peut calculer le temps de présence d'un pêcheur sur l'estran grâce aux trois niveaux de bronzage : doré /  coup de soleil /  encore blanc !
On appréciera tout de même l'effort vestimentaire ainsi que les accessoires de mode, double gourmette, montre métal, râteau de compétition...


Pas facile de garder l'équilibre sur la vase. En témoignent les stigmates de glissade médiodorsale qui ornent le pêcheur de gauche. C'est "maman" qui va être contente...