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dimanche 14 juin 2009

A la pêche aux coutelets

Dans notre série : "connaissance des animaux de l'estran", après les palourdes... Les couteaux ! C'est qu'il y a aussi plusieurs espèces, dont principalement deux sont pêchées à pied sur Oléron.

  • Le couteau droit : Solen marginatus
  • Le couteau silique : Ensis silica (à gauche sur la photo ci-dessous)

Les deux cohabitent dans les sables qui découvrent à marée basse, à Boyardville, Gatseau, ou sur le banc des Bris, et autrefois sur d'autres sites désormais en réserve naturelle. Ils ont aussi la même taille minimale de capture réglementaire : 10 centimètres. Il faut les faire dégorger avant de les consommer, crus ou poêlés à l'ail et au persil par exemple, ou encore grillés au barbecue...
Ces quelques points communs ne doivent pas masquer de grandes différences, dont la principale est peut-être le goût !

Le couteau droit ou couteau noir (coutelet nèg', en mode local) est sans doute celui qui est pêché par le plus grand nombre de personnes. Il se repère bien dans le sable, par ses trous rectangulaires ou en forme de trou de serrure. On peut le capurer par divers moyens. Le plus ludique, en particulier pour les enfants, est de verser un peu de sel fin sur le trou (et qu'on ne vous voie pas avec du sel de Guérande ou de Camargue !). Le couteau, interloqué par cette salinité inhabituelle, et s'il est d'humeur, va tout d'abord cracher puis émerger de quelques centimètres : il suffit alors de le saisir, en prenant garde de ne pas placer ses doigts sur sa tranche coupante... Il suffit ensuite de le tenir fermement (c'est qu'il résiste le bougre), et de le retirer petit à petit. Tirer d'un coup sec le ferait s'auto-mutiler du pied, la partie la plus charnue et donc comestible qui resterait enfouie, le couteau étant perdu. On pêche aussi ce couteau avec une fourche ou une "ferrée", sorte de pelle étroite. Certains utilisent également des baleines de parapluie ou du fil de fer, mais cette technique est à proscrire car elle détruit l'animal. Si c'est un petit, ce qui est vrai dans la plupart des cas, il ne servira à rien de le relâcher et il sera gaspillé. De plus, les couteaux ainsi abîmés ne dégorgent pas, et sont bien moins agréables à consommer.

Le couteau silique (le vrai coutelet !) est plus difficile en affaires, mais c'est de loin le plus savoureux. Sa pêche est une histoire de spécialiste. Au contraire du précédent qui creuse verticalement, celui-ci est dans une galerie qui peut avoir une orientation très variée, et rarement perpendiculaire à la surface. Dès lors, deux difficultés apparaissent. Premièrement, le trou apparait moins nettement, et il faut un oeil exercé pour le découvrir. Et de plus, il ne réagit nullement au sel, même s'il vient des salines locales...


Nous n'expliquerons pas ici toute la finesse de la technique. Seuls quelques habitués arrivent à faire de belles pêches avec cette espèce. Ils savent reconnaître les trous parmi les nombreuses irrégularités de l'estran sableux. Ils savent ensuite comprendre l'emplacement précis du bivalve, et enfin le sortir sans le casser. Et nous, nous devons nous contenter de savoir reconnaître ces pêcheurs, qui ont toujours de beaux paniers pleins de grands coutelets !

Le couteau silique est nettement plus grand que son cousin droit. On peut se poser d'ailleurs la question d'avoir une maille différente pour ces deux espèces : pêcher un coutelet nèg' de 10 cm est assez rare, tandis qu'un "vrai coutelet" à cette taille est encore un bébé.
Encore un détail : c'est plutôt une pêche d'hiver, même si les estivants pratiquent la recherche du couteau (principalement le couteau droit, d'ailleurs).

L'association IODDE est en train de réaliser le diagnostic de la pêche aux couteaux sur Oléron, comme elle l'a déjà fait pour les autres coquillages et crustacés. Les résultats seront disponibles dans quelques mois sur ce site.

dimanche 24 mai 2009

Résultat de l'exercice...

Avant de lire la réponse, il n'est pas trop tard pour tenter votre chance, en lisant l'article précédent ici.
Sur la photo, il s'agissait de distinguer la palourde européenne et la palourde japonaise...

Réponse : la palourde japonaise est celle qui est dans le creux de la main : plus dodue, moins anguleuse que l'espèce européenne, plus fine et aux couleurs plus uniformément grise, située sur les doigts.
Rappelons que cette distinction n'est pas toujours facile (voir un article plus détaillé ici).
Bravo à ceux qui n'ont pas hésité... Qui doivent tout de même être assez rares !!

lundi 11 mai 2009

Exercice !

Nous avons récemment publié un article (que vous pourrez relire ici) sur les deux principales espèces de palourdes présentes sur nos côtes. Rappelons que la maille réglementaire de la palourde japonaise est descendue à 3,5 cm, alors que celle de la palourde européenne est restée à 4 cm ! Il reste donc deux choix possibles pour le pêcheur à pied : soit apprendre à les distinguer, soit appliquer la taille de 4 cm pour toutes les palourdes.
Saurez-vous les reconnaître ?
Sur ces images, les deux espèces sont représentées : lancez-vous !

Il n'y a rien à gagner, si ce n'est la possibilité de pêcher un peu plus facilement les palourdes japonaises.
Nous publierons le résultat dans les prochaines semaines.

Rappelons que le vrai critère scientifique de distinction est caché au niveau des siphons. Si l'on était très rigoureux, on devrait dire que la dissection est indispensable, mais avec l'habitude on arrive quand même à être assez sûr de soi simplement en observant différentes caractéristiques de la coquille.
Bon courage, et à bientôt !

dimanche 19 avril 2009

Bulletin d'actualités IODDE N° 8


Après plusieurs mois sans bulletin, nous avons décidé de remettre en route cette modeste feuille de liaison qui permet aux ahérents et partenaires de l'association (qui normalement le reçoivent par messagerie) de suivre l'actualité des différents projets, en plus du site Internet.
Nous vous en souhaitons une agréable lecture (cliqueter sur l'annexe ci-dessous).
Plusieurs articles vont d'ailleurs faire l'objet prochainement de petits "billets" sur le blog.
Rappel : vous pouvez adhérer à l'association en suivant la rubrique ad hoc dans le menu ci-contre !

mercredi 15 avril 2009

Etude parpaings : quelques nouvelles

Mathieu LE DUIGOU, qui arrive en deuxième partie de thèse, nous explique l'avancement de son travail :

Quelques nouvelles de l'expérimentation menée dans l’écluse des Vincentes à Dolus, dont la partie « terrain », vient de prendre fin en février dernier (soit deux ans après avoir été initiée). Pour rappel, cette expérience vise à définir la sensibilité de différents organismes marins en réponse au retournement, sans replacement, des roches.  Dans cette perspective, des blocs en béton retournés régulièrement ont été comparés à des blocs dits « témoins », non perturbés.

Les organismes marins qui ont colonisé ces surfaces artificielles sont systématiquement dénombrés (1 420 000 individus recensés jusqu’à présent !) et identifiés jusqu’à l’espèce, sous loupe binoculaire ou au microscope, sur la base de critères morphologiques spécifiques. Il peut s’agir, par exemple, de la forme des soies, des élytres, ou encore du pharynx chez les annélides (vers annelés)…


… et les critères de détermination sont encore différents chez les amphipodes (petits crustacés) !


Ces déterminations permettent de connaître, pour chaque échantillon, le nombre exact d’espèces (c’est ce qu’on appelle la « richesse spécifique ») et leurs contributions relatives en termes d’effectifs : informations essentielles au calcul des « indices de diversité ».

Les derniers échantillons sont actuellement traités en laboratoire, à La Rochelle, et devraient fournir les tendances définitives pour le début de l'été (juin). Des blocs rocheux naturels (calcaires) issus du même site sont également analysés, pour disposer d'éléments de discussion quant à la pertinence du matériau utilisé dans cette expérience (béton).

Les résultats finaux seront bientôt portés à votre connaissance. Ils confirment ce que nous annoncions déjà dès octobre dans un article antérieur.

jeudi 2 avril 2009

Rumeur sur la pêche des palourdes

Plusieurs messages nous sont parvenus au sujet de la pêche des palourdes, indiquant qu'elle serait fermée le dimanche.
Renseignement pris auprès des Affaires Maritimes (Bureau de Marennes : 05 46 85 14 33), il s'agit bien d'une rumeur : cette pêche reste ouverte tous les jours pour les pêcheurs amateurs, dimanche compris.

Certains ont aussi vu passer un article sur le journal Sud-Ouest concernant des dates de fermeture (ouverture au 1er avril). Ces dates concernent uniquement les sites classés pour la pêche à pied professionnelle : Bonne-Anse, Bellevue (sur ce dernier site la pêche est interdite aux amateurs car dans la réserve naturelle).


Toutefois, nous précisons en tant qu'association que les palourdes ne sont vraiment pleines et bonnes à déguster qu'en fin de printemps et en été ; il est dommage de commencer à puiser dans la ressource trop tôt. La pêche est donc bien autorisée, mais nous serions néanmoins pour encore un peu de patience !

Rappelons en passant que la maille réglementaire, depuis 2008, est de 4 cm pour la palourde européenne et de 3,5 pour la palourde dite japonaise (voir article précédent en cliquant ici).

dimanche 22 février 2009

Emission "Thalassa" : compléments

IODDE a pu bénéficier d'un nouveau créneau de télévision le 13 février, dans le cadre de l'émission "Thalassa", le magazine de la mer suivi par tous les littoraux et amoureux de l'océan. Pour nos objectifs, qui sont entre autres de sensibiliser un large public à la fragilité des estrans, c'était de l'or.
Le format, toujours trop court, n'a semble-t-il pas permis d'approfondir les tenants et aboutissants de l'étude menée par Mathieu Le Duigou sur ces fameux parpaings. Nous avions publié dans ce blog un petit article qui explique cette étude, que nous vous invitons à relire en cliquetant ici.

Ces premiers résultats n'étaient pas encore connus au moment du tournage. De même, les chiffres du diagnostic de la pression de pêche ont légèrement évolué depuis. On estime maintenant à 225 000 par an le nombre de pêcheurs qui se succèdent sur les estrans de Marennes Oléron. Leur prélèvement est évalué à 330 tonnes de coquillages et crustacés.
Nous remercions tous les correspondants qui nous ont adressé des messages d'encouragements, suite à l'émission. Le travail se poursuit de plus belle, et fait des petits un peu partout sur les côtes françaises. Nous en reparlerons prochainement dans ce blog !

dimanche 4 janvier 2009

Fête de la science au Grand Palais


Nous revoici à Paris, cette fois au Grand Palais, et pour parler science ! Parmi les stands très diversifiés (de la robotique au multimédia, de la santé par les plantes à l'aéronautique), celui où nous étions présents aux côtés de l'Université, de l'ECOLE de la mer, des Petits débrouillards et du Muséum de La Rochelle, a connu un grand succès. Mathieu, qui représentait IODDE, a enchaîné les explications à un très large public : la pêche à pied, les animaux de l'estran et leurs mystères, sont des sujets qui intéressent décidément jusqu'à la grande ville.

Dans l'aquarium : des crabes, aplysies, étoiles de mer... Tout un monde à découvrir pour petits et grands. Et pour ceux qui voulaient des détails, les scientifiques étaient là pour leur répondre, parler de leur métier, et pourquoi pas faire naître des vocations !

Notons que quelques jours plus tard, IODDE présentait son travail à l'Aquarium de La Rochelle, devant un amphithéâtre bien rempli (125 personnes), dans le cadre de l'Université du temps libre, organisée par l'ECOLE de la mer. 
Peu à peu, la conscience de la grande richesse que représentent nos estrans fait son chemin. C'est une étape importante pour sa préservation !

mercredi 10 décembre 2008

Des panneaux sur les sites de pêche oléronais

La Communauté de communes de l'Ile d'Oléron, dans le cadre de son plan "Oléron Qualité Littoral" est en train de revoir l'aménagement des plages et la signalétique. C'était l'occasion pour imaginer des panneaux sur la pêche à pied, aux endroits les plus sensibles. Objectif : que les panneaux soient en place pour les vacances de Pâques et les grandes marées qui vont avec.
IODDE a été sollicitée pour préparer le contenu de ces panneaux, qui seront réalisés par l'Agence Vibrato (qui a déjà réalisé la charte graphique des plages, ce qui garantira une intégration de ces nouveaux supports). Nous sommes en train d'y travailler.

Il y aura des panneaux différents selon les sites. Pas la peine d'insister le retournement des rochers à Gatseau ou de faire un topo sur la pêche au couteau à Chassiron ! Il y aura donc un type de panneau pour l'estran rocheux, un pour les sables, et un pour les vases. En tout, 25 panneaux, qui couvriront l'ensemble des sites où les enjeux nous paraissaient les plus importants. Selon les cas, nous ajouterons des petits modules supplémentaires : les araignées de mer pour Chaucre, les parcs à huîtres à Saint-Trojan, la veille sanitaire au Chenal de Boyardville... Ainsi, une grande partie des pêcheurs à pied qii fréquentant l'Ile auront des renseignements sur la réglementation et les principes de respect du milieu. Par la même occasion, de nouveaux panneaux sur les écluses, intégrés à cette charte des plages, viendront remplacer les panneaux existants qui ont bien fait leur temps.

Un outil de plus pour informer les pêcheurs : l'estran est un milieu fragile, la ressource n'est pas infinie. A chacun d'être raisonnable et respectueux. C'est comme cela (et pas autrement !) qu'on conservera tout ce bonheur de bénéficier "librement" d'espaces aussi généreux que les estrans oléronais.

mercredi 26 novembre 2008

Diagnostic pêche à pied 2008 : rochers


En 2007, nous avions vu comment les différents estrans de Marennes Oléron fonctionnaient, en termes de fréquentation. Sur les rochers, les pics étaient atteints en périodes de fortes marées (équinoxes). Nous avions étudié la pêche des étrilles, et avons donc concentré nos efforts d'observation sur les marées de plus de 80. Pourtant, par moins de 80 (par tout coefficient, en fait) nous trouvons aussi des pêcheurs sur les rochers. Ce sont des gens qui viennent en découverte, se balader en famille, ou qui recherchent des espèces pour lesquelles le coefficient importe moins (patelles, huîtres, bigorneaux...). C'est surtout vrai en été.

Nous nous sommes donc concentrés cette année sur l'étude de cette pêche - loisir. Le site de La Brée et des Boulassiers a été principalement suivi, presque au quotidien. Nous y avons estimé la fréquentation, puis extrapolé à l'ensemble des sites rocheux d'Oléron. Ainsi, ce sont de l'ordre de 39 000 séances de pêche qui ont eu lieu pour les coefficients inférieurs à 80, cette année. En ajoutant les 74 000 pêcheurs qui viennent par coefficient égal ou supérieur à 80, on obtient une fréquentation totale des estrans rocheux estimée à 113 000 personnes par an, en moyenne sur 2007 et 2008. La moitié de ces pêcheurs ne viennent pas pour l'étrille.

Les récoltes sont très variées : patelles, bigorneaux et troques, moules, huîtres, petits crabes, palourdes, praires, crevettes, étoiles de mer... Ce sont les pêcheurs d'huîtres qui ont le plus fort rendement en poids (moyenne de 4,4 kg par séance de pêche). Ils sont d'ailleurs près d'un tiers à dépasser les 5 kg autorisés par la réglementation. Les palourdes sont souvent bien petites. Sur l'ensemble des paniers examinés, un seul ne contenait pas de palourdes inférieures à la maille ! Globalement, les palourdes qui dépassent 4 cm représentent à peine 10 % des récoltes.
En moyenne sur les deux années complémentaires (2007 et 2008), les prélèvements annuels sur les estrans rocheux oléronais sont estimés à environ 105 tonnes de coquillages et crustacés, dont 35 tonnes d'étrilles (ce qui correspond à 400 000 crabes environ).


Il est difficile de qualifier toute une série de prélèvements. Par exemple, que dire de ceux qui récoltent des étoiles de mer, ou autres petits organismes non consommés ? Ce n'est pas interdit par la loi... Mais est-ce bien raisonnable d'enlever ces animaux de leur milieu pour les mettre (dans la plupart des cas) dans une poubelle ?...



Dans un prochain article, nous ferons le point sur l'ensemble du diagnostic 2008, qui sera présenté au Comité de pilotage REVE le 26 novembre.

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