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Tag - REVE

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jeudi 2 avril 2009

Rumeur sur la pêche des palourdes

Plusieurs messages nous sont parvenus au sujet de la pêche des palourdes, indiquant qu'elle serait fermée le dimanche.
Renseignement pris auprès des Affaires Maritimes (Bureau de Marennes : 05 46 85 14 33), il s'agit bien d'une rumeur : cette pêche reste ouverte tous les jours pour les pêcheurs amateurs, dimanche compris.

Certains ont aussi vu passer un article sur le journal Sud-Ouest concernant des dates de fermeture (ouverture au 1er avril). Ces dates concernent uniquement les sites classés pour la pêche à pied professionnelle : Bonne-Anse, Bellevue (sur ce dernier site la pêche est interdite aux amateurs car dans la réserve naturelle).


Toutefois, nous précisons en tant qu'association que les palourdes ne sont vraiment pleines et bonnes à déguster qu'en fin de printemps et en été ; il est dommage de commencer à puiser dans la ressource trop tôt. La pêche est donc bien autorisée, mais nous serions néanmoins pour encore un peu de patience !

Rappelons en passant que la maille réglementaire, depuis 2008, est de 4 cm pour la palourde européenne et de 3,5 pour la palourde dite japonaise (voir article précédent en cliquant ici).

dimanche 22 février 2009

Emission "Thalassa" : compléments

IODDE a pu bénéficier d'un nouveau créneau de télévision le 13 février, dans le cadre de l'émission "Thalassa", le magazine de la mer suivi par tous les littoraux et amoureux de l'océan. Pour nos objectifs, qui sont entre autres de sensibiliser un large public à la fragilité des estrans, c'était de l'or.
Le format, toujours trop court, n'a semble-t-il pas permis d'approfondir les tenants et aboutissants de l'étude menée par Mathieu Le Duigou sur ces fameux parpaings. Nous avions publié dans ce blog un petit article qui explique cette étude, que nous vous invitons à relire en cliquetant ici.

Ces premiers résultats n'étaient pas encore connus au moment du tournage. De même, les chiffres du diagnostic de la pression de pêche ont légèrement évolué depuis. On estime maintenant à 225 000 par an le nombre de pêcheurs qui se succèdent sur les estrans de Marennes Oléron. Leur prélèvement est évalué à 330 tonnes de coquillages et crustacés.
Nous remercions tous les correspondants qui nous ont adressé des messages d'encouragements, suite à l'émission. Le travail se poursuit de plus belle, et fait des petits un peu partout sur les côtes françaises. Nous en reparlerons prochainement dans ce blog !

dimanche 4 janvier 2009

Fête de la science au Grand Palais


Nous revoici à Paris, cette fois au Grand Palais, et pour parler science ! Parmi les stands très diversifiés (de la robotique au multimédia, de la santé par les plantes à l'aéronautique), celui où nous étions présents aux côtés de l'Université, de l'ECOLE de la mer, des Petits débrouillards et du Muséum de La Rochelle, a connu un grand succès. Mathieu, qui représentait IODDE, a enchaîné les explications à un très large public : la pêche à pied, les animaux de l'estran et leurs mystères, sont des sujets qui intéressent décidément jusqu'à la grande ville.

Dans l'aquarium : des crabes, aplysies, étoiles de mer... Tout un monde à découvrir pour petits et grands. Et pour ceux qui voulaient des détails, les scientifiques étaient là pour leur répondre, parler de leur métier, et pourquoi pas faire naître des vocations !

Notons que quelques jours plus tard, IODDE présentait son travail à l'Aquarium de La Rochelle, devant un amphithéâtre bien rempli (125 personnes), dans le cadre de l'Université du temps libre, organisée par l'ECOLE de la mer. 
Peu à peu, la conscience de la grande richesse que représentent nos estrans fait son chemin. C'est une étape importante pour sa préservation !

mercredi 10 décembre 2008

Des panneaux sur les sites de pêche oléronais

La Communauté de communes de l'Ile d'Oléron, dans le cadre de son plan "Oléron Qualité Littoral" est en train de revoir l'aménagement des plages et la signalétique. C'était l'occasion pour imaginer des panneaux sur la pêche à pied, aux endroits les plus sensibles. Objectif : que les panneaux soient en place pour les vacances de Pâques et les grandes marées qui vont avec.
IODDE a été sollicitée pour préparer le contenu de ces panneaux, qui seront réalisés par l'Agence Vibrato (qui a déjà réalisé la charte graphique des plages, ce qui garantira une intégration de ces nouveaux supports). Nous sommes en train d'y travailler.

Il y aura des panneaux différents selon les sites. Pas la peine d'insister le retournement des rochers à Gatseau ou de faire un topo sur la pêche au couteau à Chassiron ! Il y aura donc un type de panneau pour l'estran rocheux, un pour les sables, et un pour les vases. En tout, 25 panneaux, qui couvriront l'ensemble des sites où les enjeux nous paraissaient les plus importants. Selon les cas, nous ajouterons des petits modules supplémentaires : les araignées de mer pour Chaucre, les parcs à huîtres à Saint-Trojan, la veille sanitaire au Chenal de Boyardville... Ainsi, une grande partie des pêcheurs à pied qii fréquentant l'Ile auront des renseignements sur la réglementation et les principes de respect du milieu. Par la même occasion, de nouveaux panneaux sur les écluses, intégrés à cette charte des plages, viendront remplacer les panneaux existants qui ont bien fait leur temps.

Un outil de plus pour informer les pêcheurs : l'estran est un milieu fragile, la ressource n'est pas infinie. A chacun d'être raisonnable et respectueux. C'est comme cela (et pas autrement !) qu'on conservera tout ce bonheur de bénéficier "librement" d'espaces aussi généreux que les estrans oléronais.

mercredi 26 novembre 2008

Diagnostic pêche à pied 2008 : rochers


En 2007, nous avions vu comment les différents estrans de Marennes Oléron fonctionnaient, en termes de fréquentation. Sur les rochers, les pics étaient atteints en périodes de fortes marées (équinoxes). Nous avions étudié la pêche des étrilles, et avons donc concentré nos efforts d'observation sur les marées de plus de 80. Pourtant, par moins de 80 (par tout coefficient, en fait) nous trouvons aussi des pêcheurs sur les rochers. Ce sont des gens qui viennent en découverte, se balader en famille, ou qui recherchent des espèces pour lesquelles le coefficient importe moins (patelles, huîtres, bigorneaux...). C'est surtout vrai en été.

Nous nous sommes donc concentrés cette année sur l'étude de cette pêche - loisir. Le site de La Brée et des Boulassiers a été principalement suivi, presque au quotidien. Nous y avons estimé la fréquentation, puis extrapolé à l'ensemble des sites rocheux d'Oléron. Ainsi, ce sont de l'ordre de 39 000 séances de pêche qui ont eu lieu pour les coefficients inférieurs à 80, cette année. En ajoutant les 74 000 pêcheurs qui viennent par coefficient égal ou supérieur à 80, on obtient une fréquentation totale des estrans rocheux estimée à 113 000 personnes par an, en moyenne sur 2007 et 2008. La moitié de ces pêcheurs ne viennent pas pour l'étrille.

Les récoltes sont très variées : patelles, bigorneaux et troques, moules, huîtres, petits crabes, palourdes, praires, crevettes, étoiles de mer... Ce sont les pêcheurs d'huîtres qui ont le plus fort rendement en poids (moyenne de 4,4 kg par séance de pêche). Ils sont d'ailleurs près d'un tiers à dépasser les 5 kg autorisés par la réglementation. Les palourdes sont souvent bien petites. Sur l'ensemble des paniers examinés, un seul ne contenait pas de palourdes inférieures à la maille ! Globalement, les palourdes qui dépassent 4 cm représentent à peine 10 % des récoltes.
En moyenne sur les deux années complémentaires (2007 et 2008), les prélèvements annuels sur les estrans rocheux oléronais sont estimés à environ 105 tonnes de coquillages et crustacés, dont 35 tonnes d'étrilles (ce qui correspond à 400 000 crabes environ).


Il est difficile de qualifier toute une série de prélèvements. Par exemple, que dire de ceux qui récoltent des étoiles de mer, ou autres petits organismes non consommés ? Ce n'est pas interdit par la loi... Mais est-ce bien raisonnable d'enlever ces animaux de leur milieu pour les mettre (dans la plupart des cas) dans une poubelle ?...



Dans un prochain article, nous ferons le point sur l'ensemble du diagnostic 2008, qui sera présenté au Comité de pilotage REVE le 26 novembre.

dimanche 23 novembre 2008

Luisettes, tellines, flions... Le Casse-tête du jour

Comment appeler ces jolis petits coquillages ? Nous nous heurtons à cette question depuis le début de notre travail ! Faisons le point :

Le terme de Luisettes (prononcé souvent Louisettes)  est le plus utilisé localement. Tous les oléronais connaissent ce mot et il est suffisant pour bien s'entendre. Mais nous ne nous adressons pas qu'à des oléronais... En vendée, où ce coquillage est très apprécié, tout le monde appelle cela des Pignons. Alors qu'on sait bien que les pignons se trouvent chez nous dans les pommes de pins, et non sous le sable !

On entend aussi assez souvent le terme de Tellines. Les pêcheurs professionnels utilisent cette appellation pour vendre leur récolte sur les marchés. Cela pourrait donc être utilisé comme terme générique... Malheur ! La Telline est une espèce bien différente de nos coquillages, et fait d'ailleurs partie d'une autre famille, les Tellinidés, dont la coquille est plus ovale et circulaire... Et qui ne se trouve pratiquement pas sur nos estrans ! La rigueur scientifique qui nous guide dans notre travail exclue donc totalement cette approximation.

Mais c'est pourtant simple : il n'y a qu'à utiliser le nom français officiel... Qui est... Flions. Seul problème : à part quelques passionnés de sciences, personne n'utilise ce terme (et les correcteurs d'orthographe les plus enrichis ne le connaissent même pas !).

Il nous reste les noms latins : Donax trunculus pour le flion tronqué (espèce la plus commune), et Donax vittatus pour le Flion des canards (espèce qui se trouve plus bas sur l'estran, par grands coefficients uniquement). Car oui, pour nous simplifier la vie, il y a bien deux espèces. On peut imaginer employer le nom de genre (Donax), voire le nom francisé (Donaces), mais cela provoque un hérissement capillaire chez les scientifiques.

En cas de désespoir, la périphrase est parfois salvatrice : ces petits coquillages allongés de différentes couleurs que l'on trouve sous le sable des grandes plages au sud-ouest de l'Ile d'Oléron... Mais ça ne logeait pas sur la réglette.

En conclusion, nous dirons que notre seule chance (une véritable mission, en fait) est de réhabiliter le terme de flions ! Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à utiliser l'appellation locale de luisettes... Et de laisser aux vendéens le plaisir de la pêche à pied dans les conifères.

samedi 22 novembre 2008

Diagnostic pêche à pied 2008 : Les luisettes (flions)

Après avoir obtenu des chiffres assez globaux sur la pêche à pied récréative à l'échelle de Marennes Oléron en 2007, nous nous sommes concentrés en 2008 sur des compléments : la pêche des araignées de mer (voir ici), la pêche des luisettes (flions) et la petite pêche de bord, pratiquée presque tous les jours en été par des familles qui souhaitent découvrir la nature et prendre un bon bol d'air marin... Tout en récoltant son petit seau de divers trésors... Ce dont nous reparlerons bientôt.

L'étude de la pêche des flions s'est déroulée pendant toute la belle saison 2008. Bertrand Piques, notre chargé de mission, a passé beaucoup de temps à compter, interviewer les pêcheurs, mesurer leurs récoltes, et à traiter ses résultats. Cette pratique est très facile (la pêche, pas l'étude !), à la portée de tous, et aucun équipement n'est nécessaire : il suffit de se baisser et de gratter un peu le sable pour trouver ces coquillages, principalement le flion tronqué (Donax trunculus). Dès lors, certains y passent deux heures, d'autres ne font qu'essayer quelques minutes... Et ce, par tout coefficient. Ce qui complique l'analyse des résultats. Néanmoins, une longue observation nous permet de publier les estimations suivantes :

- Entre 14 000 et 20 000 pêcheurs de luisettes se sont succédés sur les grandes plages du sud Ouest de l'Ile d'Oléron (Saint-Trojan, Grand-Village, Vertbois) en 2008. La fréquentation est à 92 % estivale.

- S'agissant d'une population de vacanciers en grande majorité, le profil des pêcheurs montre une grande diversité de provenances (seulement 35 % viennent de la région Poitou-Charentes). Contrairement aux autres pêches, elle est pratiquée en majorité par des femmes (58,4 %). Ce sont souvent des pêcheurs peu expérimentés et peu renseignés. Lors de notre enquête, 93 % des pêcheurs ne connaissaient pas la taille réglementaire de capture de cette espèce ! (Pour information, elle est de 2,5 cm.).

- En moyenne, un pêcheur récolte 0,8 kg de coquillages dans sa marée. Certains (35 % des pêcheurs) dépassent le kilo, mais ils ne sont que 2 % à dépasser les 2,5 kg, et aucun n'est arrivé à 5 kg. La maille réglementaire étant très petite, elle est généralement respectée (90 % des coquillages mesurés). Cela ne veut pas dire qu'il y ait un véritable tri, mais tout simplement qu'il est difficile de trouver des luisettes plus petites (et il n'y a aucun espoir d'y trouver quelque chose à se mettre sous la dent, évidemment).

- Au final, la récolte cumulée de tous ces pêcheurs est estimée entre 11 et 17 tonnes de flions sur l'ensemble de l'Ile en 2008. Or, de l'avis de tous, amateurs comme pêcheurs professionnels, cette année fut une très bonne année pour cette espèce, avec un gisement très généreux. Ces prélèvements sont donc à interpréter en fonction, et ne seront pas forcément atteints chaque année (en 2007, par exemple, il était nettement plus difficile d'en trouver).

Parmi ces coquillages, il est diffcile d'estimer ceux qui seront consommés ou gaspillés (nous ne pouvons pas suivre les pêcheurs jusqu'à leur domicile...). Néanmoins, entre ceux qui ne les font pas dégorger correctement, et ceux qui les laissent l'après-midi à la plage ou en plein soleil dans la voiture, on peut craindre que cette pêche, si facile et agréable, ne soit pas pour autant parfaite. Là aussi, nos efforts de sensibilisation ont été importants sur le terrain cet été.

Tous coquillages et crustacés confondus, ce sont 330 tonnes qui ont été prélevées cette année sur Marennes Oléron par les pêcheurs récréatifs. Nous détaillerons tout cela dans un prochain article.

dimanche 16 novembre 2008

Grandes marées 2009

Les calendriers 2009 sont disponibles. Nous ne reprendrons ici que les plus grandes marées de chaque mois prévues l'année prochaine, avec leurs coefficients :

  • Mardi 13 janvier (103)
  • Mercredi 11 février (108)
  • Jeudi 12 mars (107)
  • Vendredi 10 avril (99)
  • Lundi 25 mai (95)
  • Mercredi 24 juin (98)
  • Vendredi 24 juillet (106)
  • Samedi 22 août (111)
  • Samedi 19 septembre (109)
  • Dimanche 18 octobre (100)
  • Mercredi 4 novembre (93)
  • Jeudi 3 décembre (93)

Oui, vous l'aurez remarqué aussi, trois week-ends vont nous préoccuper particulièrement, en juillet, août et septembre. Cette année, les marées d'équinoxe sont très précoces. Il est rare que d'aussi grands coefficients soient atteints en plein été. Cela va sans doute provoquer une forte affluence sur les estrans. On le sait, lorsque l'on cumule une période de congé (ou un week-end, ou en l'occurrence les deux !), avec des grandes marées, et a priori du beau temps, la fréquentation atteint des records.
Pour rappel, c'est le samedi 9 septembre 2006, alors qu'il faisait un temps splendide, que nous avions comptabilisé le plus de pêcheurs à pied : ils étaient presque 7 000 à s'affairer sur Marennes Oléron simultanément !


Nul doute que IODDE saura se mobiliser pour organiser des comptages et sensibiliser les pêcheurs à ces occasions. Nous en reparlerons bientôt... 

samedi 1 novembre 2008

Tritonia manicata est arrivé

Ce petit gastéropode, répondant au doux sobriquet de Tritonia manicata, vient d'être identifié par Mathieu LE DUIGOU dans le cadre de son travail d'inventaire de la biodiversité des estrans rocheux oléronais, et présenté en primeur aux yeux ébahis des participants de l'Assemblée générale. En effet, il s'agit d'une découverte pour la zone des pertuis charentais où il n'avait jamais été trouvé jusqu'à maintenant. Ce sera notre symbole du jour, car il n'est pas seul à rejoindre les inventaires du secteur : une cinquantaine d'autres espèces nouvelles viennent ainsi grossir les rangs depuis le début du travail de Mathieu, qui a déjà identifié 243 espèces différentes sur les blocs rocheux de la concession scientifique.
Il faut imaginer les heures de terrain, de loupe et de microscope, de travail avec les clés de détermination, de vérifications, effectuées par Mathieu et ses collaborateurs de l'Université (Jacques Pigeot en particulier) pour en arriver à ces découvertes.


Le patrimoine naturel oléronais s'enrichit donc, peu à peu, scientifiquement parlant. Un article plus complet sera publié sur ce blog prochainement pour faire le point. Nos rochers, de nature calcaire (rares à l'échelle du littoral atlantique français) et donc très forés, sont potentiellement riches en biodiversité. Encore fallait-il le prouver ; c'est en cours, et ce sont autant de raisons pour préserver notre estran, exceptionnel.

samedi 18 octobre 2008

Palourde européenne ou japonaise ?


Plusieurs espèces de palourdes se côtoient sur nos estrans. Depuis l'introduction de la palourde japonaise, voici une quinzaine d'années, c'est devenu la variété largement dominante dans les paniers des pêcheurs à pied. Plus productive, elle résiste mieux aux prélèvements. On peut d'ailleurs légitimement concevoir que cette introduction se solde aux dépends de la souche locale, la palourde européenne, qui se fait de plus en plus rare.

En janvier 2008, la taille réglementaire minimale de capture de la palourde japonaise a changé. Elle est maintenant de 3,5 cm. Or, la maille de la palourde européenne est toujours de 4 cm. Dès lors, le pêcheur à pied doit savoir les reconnaître. Et ce n'est pas si facile ! Le véritable critère distinctif se trouve caché à l'intérieur... Quelques détails de la coquille permettent toutefois de s'y retrouver à peu près :

La Palourde européenne Ruditapes decussatus est la souche d'origine. Sa coquille est plus mince, plus anguleuse que la japonaise. La charnière est plus fine et ne comporte pas de "lunule" visible (dessin en creux en forme de cœur allongé). Sa couleur est souvent plus grise, uniforme. Elle est aussi plus rare désormais, et se trouve en général plus profondément enfoncée dans la vase que sa consœur d'origine nipponne.

Photo ci-dessous : la palourde autochtone est légèrement plus anguleuse

La Palourde japonaise (Ruditapes philippinarum) est la plus commune. Elle est plus dodue, présente une lunule bien marquée, et présente souvent des dessins, en damier par exemple, plus contrastés.

Photo ci-dessous : la lunule est bien marquée (espace plus foncé à côté de la charnière) chez la japonaise.


Pour être sûr de soi, il faut les voir dégorger, car les siphons sont très différents. La palourde japonaise a un siphon, qui se sépare en deux tubes à la moitié de sa longueur (voir image). Au contraire, la palourde autochtone a deux siphons bien séparés dès leur base. C'est d'ailleurs de là que vient l'habitude de repérer les fameux "deux petits trous" dans la vase, ce qui est de moins en moins vrai avec la japonaise, dont les 2 orifices sont souvent si proches qu'ils n'en forment plus qu'un.

Les plus consciencieux apprendront à distinguer ces deux palourdes, avec l'habitude, et quelques heures d'observation minutieuse. A défaut, la solution la plus facile, pour ne pas être en infraction, serait de respecter une taille de 4 cm pour toutes les espèces...

Au goût, il n'y a pas non plus de très grande différence, a priori. Ce sont tous deux de très bons coquillages.
Sur Marennes Oléron, nous estimons que les pêcheurs à pied récréatifs en pêchent environ 155 tonnes par an. Même avec la nouvelle maille, les palourdes récoltées sont trop petites (la moitié n'atteint pas les 3,5 cm), certaines sont même parfois minuscules. Bien les reconnaître ne suffira donc pas : il faut aussi bien savoir les rechercher pour ne garder que les grosses. Il faut parfois s'éloigner un peu des zones trop fréquentées, et c'est parfois pénible de progresser dans des vases assez molles (ô guille, et ô l'encasse !). Mais c'est possible, car il y en a vraiment beaucoup sur les estrans sablo-vaseux du pertuis.

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